mimiJ'apprends ce soir la disparition de Mimi Perrin, la merveilleuse leader et charismatique fondatrice du Double Six. La douleur est d'autant plus vive que, malgré mon iPhone à la con qui me donne accès à toute la presse, je ne savais pas qu'elle avait fait ses adieux au jazz et, sans Pierre Bouteiller, dont j'écoute la rétrospective hebdomadaire sur TSF, je ne serais pas au courant. Ce qui n'est pas bien grave, me concernant. Mais ça en dit beaucoup sur les errements de la presse française sur les créateurs français.
Mimi Perrin mettait des mots sur les grandes mélodies du jazz. Des mots français, qui collaient aux mélodies et aux harmonies des titres. Quand on sait la difficulté de faire swinguer la langue de Molière, on mesure l'ampleur du travail accompli.

Pour les malheureux qui, trouvant cette musique ringarde (on est à la frontière des années 50 et 60 et le travail des Double et, en particulier de Mimi est en fait révolutionnaire), elle a fait beaucoup d'autres choses dans sa vie. Notamment, elle est la traductrice de Roger Zelazny, de Robert Shekley et de Salman Rushdie, ainsi que de John le Carre.