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Je ne dis pa ça pour me vanter de mes connaissances, par ailleurs fort relatives, mais il existe en anglais des mots qui commencent par R. Raw, Rude, Rough, Riot, Rebel, (...), Rock. Et le rock résume tout ça, en un mot rauque et une histoire glauque qui n'en finit pas de répandre ses métastases dans toutes les directions, sociale, culturelle, vestimentaire, littéraire, amoureuse, Jean passe (bonjour Jean). J'en passe car voilà un sujet qui pourrait me tenir éveillé pendant des heures, et c'est mauvais pour ma santé.
Cela fera peut-être l'objet d'un autre billet (jaimerais bien d'ailleurs) mais lorsque je réfléchis à une question aussi inutile que : quel est l'artiste qui a dominé le XXème siècle et quelques poussières, poussières dans lesquelles nous essayons de trouver une respiration pour survivre, est-ce Jean-Luc Godard ou Bob Dylan ? Je regarde désespérément autour du monde et, malheureusement, je n'en trouve pas d'autre, pas en tout cas entre ma naissance, au milieu du siècle dernier et ma mort, non encore datée. En fait c'est ça la question que je me pose : qui a le plus bouleversé l'humanité dans ma vie et, au fond, qu'aurai-je préféré, la musique ou le cinéma. Sachant que la poésie et la littérature serpentent partout entre ces deux expressions artistiques. Godard est un cinéaste rock qui flirte avec le jazz et Dylan est un poète rock que le cinéma ne cesse de solliciter.
La modernité, au cours de ces années que j'ai eu le plaisir de partager avec vous (sauf quelques-uns, je l'admets que, étant chez moi, je me permets de conchier, comme...), est rock. Et le rock est riff. Certains riffs, je pense, ont restructuré notre cerveau. Satisfaction, bien sûr, mais Cocaïne de J.J. Cale et cette incroyable envolée de piano dans What I'd say de Ray Charles.

Je fais peu de découverte dans la culture rock, mais celle, il y a trois quatre ans, du groupe The Kills, m'a fait revoir tout mon bréviaire musical. The Kills, le riff en érection, musique séminale qui croise la rugosité du rock avec une richesse harmonique précieuse. The Kills, un couple qui harmonise le chaos.

Concert intégral  l'Olympia en 2011. Ecoutez juste un peu. C'est vraiment bien et on se demande ce qu'ils deviennent.

Je reviens après avoir réécouté une partie du concert. Concert que nous avions raté car il n'y avait plus de place lorsque j'ai réagi. Une personne que j'aime m'a dit récemment que je suis lent. "Un peu lent". Le mieux, si vous ne connaissez pas est d'écouter les deux premiers titres, pour être envoutés. Le mieux du mieux ensuite est de suivre le concert en intégralité, ce qui est un peu long, mais qui peut être pas mal, un dimanche gris. Sinon, reprendre à 1h03 et se laisser séduire, en n'oubliant pas F* the people, juste après, à 1h07 à peu près. Et la suite.

Bonnes fins de vacances.

Je dédie ce billet à Joseph R. Wood, éxécuté dans des conditions odieuses, dont même les partisans de la peine de mort, Paix à leur âme de salopards, doivent avoir honte. Vive la vie, bordel, on n'a pas grand chose d'autre.