Les petits pavés

Cinéma, politique, solidarité, littérature, musique, la culture non sarkopatible.

18 septembre 2009

Hortefeux, l'humour anglais.

C'est assez extraordinaire, "ça sent si bon la France", comme on peut l'entendre dans L'armée du crime de Guédiguian. Je reviens sur l'affaire Hortefeux, à moins qu'on ne doive prononcer désormais l'affaire internet... j'y reviens car, tant pis si je me répète, c'est assez extraordinaire cette façon dont le système de pensée dominant, cette tentative permanente de manipulation générale des cerveaux et des consciences est en train de retourner l'affaire Hortefeux en un procès de la pensée critique, d'internet et de la vidéo.

Car les faits, eux, sont plus que clairs.

  1. Un ministre de la république issu de l'UMP fait une plaisanterie à caractère ouvertement raciste devant les caméras d'une chaine de télévision (Public Sénat) dont le président, Gilles Leclerc a été nommé par le bureau du Sénat à dominante UMP, sur proposition de son président UMP, Gérard Larcher.
  2. Le président de la chaine décide de ne pas montrer la vidéo, ce qui constitue un acte de censure (d'auto-censure, admettons, mais ils sont combien dans les medias comme chez Intermarché ou chez Faurecia - où l'on choisirait les salariées devant entourer LE président en visite en fonction de leur taille :).
  3. Le premier quotidien français, Le Monde, se procure la vidéo et en fait la Une de son édition électronique. Malheureusement, le montage et la qualité sonore de l'ensemble laisse à désirer en en visualisant la chose, on peut avoir un sentiment d'incrédulité, tant la chose est, justement, incroyable. Le buzz démarre néanmoins.
  4. Public Sénat, dont l'auto censure pro gouvernementale est désormais sur la place publique décide de ne pas en rajouter dans l'auto-dérision et diffuse les images. La séquence est plus complète et de meilleure qualité technique que celle publiée par Le Monde et à sa vision aucun doute ne subsiste : on a bien affaire à une grosse beaufitude raciste qui implique des militants locaux de l'UMP (pour qui l'intégration, c'est manger du cochon et boire de la bière...) et, plus grave, un ministre parmi les mieux placés dans le protocole gouvernemental, ainsi que le président du groupe UMP de l'Assemblée Nationale, Jean-François Copé qui, loin de son sens politique habituel, rit bêtement, au lieu de prendre ses distances.

Tout ce qui précède n'est qu'un enchainement de faits et non un chapelet d'opinions.
L'histoire s'arrêterait là si... Mais justement, elle ne s'arrête pas.

  1. Le ministre en faute ment effrontément (Public Sénat n'avait pas encore diffusé la séquence complète) en prétendant que ses propos visaient les auvergnats et non les arabes ("Il a confondu les bougnoules et les bougnats" ironisera finement Stéphane Guillon sur Inter) ce qui s'appelle se moquer du monde, voire du foutage de gueule, ça dépend comment on l'exprime.

  2. Ensuite, alors que le ministre menteur crie au scandale, tout ce que le paysage médiatique compte de sympathisants UMP vole à son secours. Lorsqu'il est mis en cause à l'Assemblée, à l'occasion des questions au gouvernement, la mauvaise foi de sa réponse inspire Copé, à l'initiative de qui tous les parlementaires UMP font carrément une standing ovation à Hortefeux, comme s'il s'agissait d'un héros. Le dimanche, lors d'un meeting, quand Xavier Bertrand s'exclame "Nous apportons notre soutien à Brice Hortefeux!", Chantal Jouanno, Valérie Pécresse, Roger Karoutchi et Jean-François Copé applaudissaient ostensiblement. Pas de chance, Rama Yade reste alors immobile à ses côtés. Elle n'a décidément aucun sens de l'humour. En mars dernier, alors qu'elle montait dans l'avion pour participer à la tournée africaine de Sarkozy, Hortefeux lui avait glissé: "Tu pars avec nous et c'est bien, mais tu pourrais aussi ne pas revenir". Rigolo, non?

  3. Mais l'argumentaire est subtilement altéré. On ne va plus commenter les propos manifestement tenus par Hortefeux, mais parler de sa personne. "Brice Hortefeux a de l'humour" ose Fadela Amara. Puis c'est la grande tournée des hypocrites. Jack Lang : « un honnête homme ». Eric Besson : « quelqu'un qui est humaniste, qui est pétri (…) dans son histoire personnelle de catholicisme social, qui n'a rien de raciste ». Valérie Pécresse : « un vrai républicain » Roselyne Bachelot : « un homme de cœur, de dignité » Nora Berra : « quelqu'un d'engagé depuis des années dans un discours et des échanges interculturels » Jean-François Copé : « il n'a jamais été raciste de sa vie » Eric Raoult, qui au jeu du plus crétin veut toujours montrer que c'est lui qui pisse le plus loin : « un mec net avec un humour britannique qui n'a pas été compris »

Rue89 a demandé à la sémiologue Mariette Darrigrand, par ailleurs blogueuse sur le site (Signes et Contre-signes), de décrypter les réactions qui ont suivi le buzz de la vidéo. Son analyse est fort intéressante et j'en reprends de larges extraits, qui permettront de rappeler les propos publiquement tenus par des stars de la droite plus ou moins extrême mais militairement au garde à vous derrière le ministre de l'intérieur menteur.

 

 

 

Couv_Charlie_les_racistes« Tout le monde se met à faire de la fausse sémiologie, en quelque sorte. Parce que commenter le commentaire permet de faire l'impasse sur les mots qui sont prononcés. Seules deux ou trois réactions disent “c'est un contenu raciste, point”. On ne juge plus, on préfère décrypter comme si c'était un discours. En faisant cela, on verrouille et on se prive de regarder la vérité. » La preuve ? Le succès du contre-feu allumé par une partie de la majorité, quant au soit-disant piège d'Internet et des images amateurs (alors qu'elles sont signées d'un journaliste  Mariette Darrigrand confirme : « On se fout des circonstances, mais pourtant on a parlé au moins autant de savoir si c'etait filmé avec un portable que du contenu sorti de la bouche du ministre. »

 

Autre constat : en accompagnement des propos de Brice Hortefeux à Seignosse, on voit revenir au pas de charge le procès des "antiracistes" et des "censeurs bienpensants", termes qu'on a davantage entendu sur les lèvres du "comique" Dieudonné que sur l'échiquier politique récemment.

 

Mariette Darrigrand a aussi décrypté cette tendance :

 

« Tout se passe comme si, en France, on considérait qu'il y a une pulsion naturelle de l'homme. L'éducation consisterait alors à brider cette pulsion. Du coup, l'antiracisme est vu comme une sorte d'éducation à la frustration. » Cette vision castratrice de l'antiracisme, c'est précisément ce qui ressort de la déclaration de Patrick Devedjian (UMP et ministre) : « On peut de moins en moins se permettre de faire des blagues ou des plaisanteries dans la société fournie de commissaires politiques abondants que nous connaissons de plus en plus. » "Commissaires politiques", l'expression est piquante ?  C'était en effet une valeur sure de la rhétorique lepéniste au plus fort de l'essor du Front national. Cette fois-ci, Jean-Marie Le Pen (FN) ne tape d'ailleurs pas bien loin en déclarant ceci : « Ce serait comique si ce n'était pas scandaleux. Non pas la déclaration de monsieur Hortefeux qui n'a aucune importance mais le tollé que cela soulève dans l'opinion . (...) Il y a désormais en France une censure antiraciste qui s'exerce par l'intermédiaire des médias. » Déclinaison assez proche chez Philippe de Villiers (MPF, nouveau converti à la majorité présidentielle) : « Cette manipulation misérable qui vise à salir la réputation de Brice Hortefeux et en même temps à intimider tous les hommes politiques ».

 

"Et on tuera tous les affreux !" était le titre d'un roman noir de Vernon Sullivan (Boris Vian, à la ville). Parfois, à la lecture de l'actualité médiatico-politique, on reprendrait bien ce titre à son compte.

 

En attendant, rien n'interdit de signer la pétition lancée par Charlie Hebdo.

Hortefeux démission !

icon_signer_petition

Cliquer sur l'image pour signer.

 

11 septembre 2009

Craignos à Seignosse pour Brice Hortefeux

C'est la rentrée.
Les puissants qui nous gouvernent ont-ils renversé leur tendance à faire des gaffes (i.e. à dire des conneries) ? On peut se rassurer : non. Par exemple, lors de son Université d'été à Seignosse (Landes), on suppose que l'UMP invite ses intellos. Ses diplômés. Hortefeux, par exemple. Merci Brice, grâce à votre vivacité d'esprit, la rubrique du vendredi, abandonnée pendant les vacances, peut reprendre.

Vidéo :

Quand Brice Hortefeux dérape
envoyé par lemondefr. - L'info video en direct.

Pour ceux qui n'auraient pas l'image, je résume.

Alors que le ministre blondinet pose pour la photo, en compagnie d'un jeune militant UMP de type maghrébin (il faut de tout...), on entend une femme affirmer que le jeune homme "mange du cochon et boit de l'alcool" (il faut de tout, donc...).

"Il ne correspond pas du tout au prototype" commente alors Blondinet. Ajoutant: "Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes".

Dans un rétropédalage tardif et un peu pathétique, Hortefeux affirme maintenant que sa fine plaisanterie n'évoquait pas nos amis arabes, mais nos amis auvergnats. "On plaisantait sur les Auvergnats et on disait que un, ça allait, mais que ça posait problème quand il y en avait plusieurs", dixit notre Tintin au Congo à nous. Mais pourquoi ces justifications au juste ? On sait qu'en France, il y a toujours sur notre chemin un beauf qui croit malin de faire des blagues sur les arabes, les juifs ou les belges, d'ailleurs. C'est pas ça qui choquera l'électeur UMP de base. Et pourquoi se justifier en tapant sur les auvergnats ? Qu'est-ce qu'ils ont fait les auvergnats ?

On savait que le ministre qui s'illustra dans la chasse aux immigrés était un boute-en-train, comme on les aime en France. Lors de sa prise de fonction au ministère des Affaires sociales, il avait présenté Fadela Amara, la secrétaire d'État  à la Ville, en ces termes : C'est "une compatriote... comme ce n'est pas forcément évident, je le précise." (comique, non ?)

A Rama Yade, alors en disgrâce pour avoir refusé de conduire la liste UMP aux européennes en Ile-de-France, il avait déclaré, en mars dernier, alors que tous deux accompagnaient Nicolas Sarkozy pour sa tournée en Afrique: "Tu pars avec nous et c'est bien, mais tu pourrais aussi ne pas revenir." (J'ai la rate qui se dilate...)

Sérieusement, c''est con une réaction aussi primaire dans une université. Fut-elle d'été. Merci Le Monde qui, en publiant cette vidéo a créé, comme l'a dit Fillon, "la polémique". Quelle polémique ? Brice a bien le droit de dire ce qu'il pense quand il est en vacances. Même si Mediapart voit dans ces propos "non pas un dérapage mais un résumé saisissant d'une culture et d'un projet politique" qu'on appelle le sarkozisme. De ce côté de la planète, on parle de "polémique honteuse" , de "campagne de dénigrement scandaleuse" (Fillon), on croit y voir (X. Bertrand qui, sur le coup, fait du Lefebvre ) "la preuve que la gauche est prête à tout pour nous nuire". Oui mon gros, critiquer aujourd'hui le régime ou ses grosses têtes, c'est honteux, scandaleux, c'est nuisible. C'est sans doute ce que voulait dire Mediapart ("un résumé saisissant d'une culture et d'un projet politique").

C'est Paul Girot de Langlad, préfet mis en retraite par Hortefeux la semaine dernière, en raison de propos racistes présumés, qui jubile. Ya pas de quoi jubiler, je trouve et je laisse le mot de la fin à la porte-parole des Verts, Djamila Sonzogni, qui résume l'affaire dans une formule bien sentie : "on sait dorénavant ce que M. Hortefeux a dans le ventre, et ça ne sent pas bon".

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26 juin 2009

Sarkozy le vert

(ceci n'est pas mon texte ; mon texte a été bouffé par des araignées mutantes, tant pis, ce qui reste est bien ; vive les bugs de Canalblog !) MV

Une question, d’abord, une question à 10 balles : qui a dit ceci et quand ?
« Là où nous dépensons un euro pour la recherche nucléaire, nous dépenserons également un euro pour la recherche sur les technologies propres et sur la prévention des atteintes à l’environnement. »
Oui, c’est bien le nouveau chef des verts, N. Sarkozy.
Et non, ce n’était pas le 9 juin dernier à l’INES en Savoie… C’était il y a plus d’un an ½. [Discours de clôture du Grenelle de l'Environnement, 25 octobre 2007.]
Comme quoi, on pouvait en douter mais c’est bien vrai : Sarkozy s'est lancé officiellement dans le recyclage. On aurait d’ailleurs pu s’amuser à ce petit jeu de flash back / recyclage en remontant jusqu’au discours prononcé devant les Nations Unies un mois avant. [Discours sur l'énergie et le climat à l'ONU, 24 septembre 2007.]

Quelques déclarations ont fait tilt. Par la force de l’engagement qu’elles impliquaient.
A nous de garder l'œil ouvert ! Et de savoir lire.

  • Responsabilité...
    "Le défi écologique nous impose l’humilité. Le défi écologique nous impose des devoirs. Devoirs face à l’Afrique qui sera la première victime des changements climatiques. Devoirs face aux pays émergents qui n’ont pas à payer nos erreurs." [Grenelle de l'environnement]

Sans commentaire.

  • Bioénergies...
    « Il nous faut une croissance propre moins consommatrice d'énergie et de matières premières. […] Les véhicules hybrides, les véhicules électriques, la capture et la séquestration de carbone, les nouveaux carburants et naturellement toutes les énergies dites "peu carbonées" y compris le nucléaire. » [Climat et énergie, ONU]

Éclairage :
=> "Rome : des experts évaluent l’impact de la bioénergie sur l’environnement et sur la sécurité alimentaire" (avril 2007) sur le site du Réseau international d’accès aux énergies durables.
Ou la nécessité d'une production raisonnée des matières premières.

Un exemple de production de matières premières servant à la fabrication des biocarburants : Bolloré

Bollor__Cameroun
Ouvriers sous-traités des plantations Socapalm au Cameroun
(blog.mondediplo.net
)

Bolloré gère directement et indirectement (à travers sa large participation au groupe Socfinal) plus de 150 000 hectares de plantations de palmiers à huile et d'hévéas en Afrique et en Asie.
=> Le site du Groupe Bolloré (pour un aperçu impressionnant des activités du groupe)
=> Pour un autre regard, le site Survie.
=> "Port, rail, plantations : le triste bilan de Bolloré au Cameroun" (Le Monde Diplomatique, avril 2009)

  • Énergies renouvelables...
    « Il faut parler, du nucléaire comme de toutes les autres énergies renouvelables. » [Climat et énergie, ONU]

Définition :
"Fournies par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau, les marées ou encore la croissance des végétaux, les énergies renouvelables n’engendrent pas ou peu de déchets ou d’émissions polluantes. Elles participent à la lutte contre l’effet de serre et les rejets de CO2 dans l’atmosphère, facilitent la gestion raisonnée des ressources locales, génèrent des emplois. Le solaire (solaire photovoltaïque, solaire thermique), l’hydroélectricité, l’éolien, la biomasse, la géothermie sont des énergies flux  inépuisables par rapport aux « énergies stock » tirées des gisements de combustibles fossiles en voie de raréfaction : pétrole, charbon, lignite, gaz naturel." (site Énergies Renouvelables)

  • Forêt...
    « Il y a une deuxième ambition, c'est la protection de la forêt. » [Climat et énergie, ONU]

Un exemple de forêt à protéger : l'Amazonie péruvienne

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L'exploitation pétrolière de Perenco, Amazonie péruvienne

La multinationale franco-britannique Perenco fait partie des compagnies pétrolières en activité en Amazonie péruvienne. Ces compagnies sont près de profiter encore plus largement des réserves du Pérou grâce à la volonté du gouvernement péruvien : celui-ci tente en effet de passer outre, dans la violence, les droits accordés aux populations amérindiennes locales en ouvrant l'exploitation de nouveaux sites aux compagnies étrangères afin de "rentabiliser" ces terres.
=> "L'autre prix du pétrole - Un avocat français en terre amazonienne" (France Culture, 26 septembre 2008)
=> "La course au pétrole tue en Amazonie péruvienne" (Rue 89, 6 juin 2009)

  • Impact et viabilité...
    « A l'avenir, tous les projets que nous financerons dans les pays en développement seront conformes aux plans nationaux de lutte contre le changement climatique et seront évalués selon leur impact et leur viabilité. » [Climat et énergie, ONU]

Un exemple de projet français : L'uranium nigérien.

NigerEc_3728_A9Desjeux
Arlit au Niger : Le président de L’ONG Aguer’iman mesure la
radioactivité sur une poutrelle métallique du plafond d’un logement.
(Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie)

Appuyé par le président Sarkozy, le projet de mine d'uranium d'Imouraren (2e plus grande au monde) est devenu réalité début mai 2009, quand Areva a donné le premier coup de pioche, après de longs mois de bataille contre la concurrence chinoise et le gouvernement Nigérien... Cela malgré l'inquiétude de nombreuses ONG quant à la sécurité sanitaire, aux risques écologiques et aux déplacements de populations dûs au projet.
=> "Bataille pour l’uranium au Niger" (Le Monde Diplomatique, juin 2008)
=> "Sarkozy, commis voyageur du nucléaire français en Afrique" (La Tribune de Genève, 28 mars 2009)
=> "Mine d’uranium d’Imouraren au Niger : Un plan d’urgence indispensable avant l’exploitation par Areva" (site de la CRIIRAD)

  • Conclusion...
    « Le défi écologique nous impose l’humilité. Le défi écologique nous impose des devoirs. Devoirs face à l’Afrique qui sera la première victime des changements climatiques. Devoirs face aux pays émergents qui n’ont pas à payer nos erreurs. »
    « Là où nous dépensons un euro pour la recherche nucléaire, nous dépenserons également un euro pour la recherche sur les technologies propres et sur la prévention des atteintes à l’environnement. »

A quand des concurrents raisonnés de Bolloré, Areva, Perenco, Total et consorts en matière de développement durable ?

PS : Éclairage sur la loi de finance 2009 et le financement de la recherche sur le nucléaire par rapport aux ENR : "Les mauvais comptes verts de Sarkozy" (Libération, le 20 juin 2009)

PPS : Ce qui est génial, quand on se balade sur les sites de ces gros groupes, c'est de voir la pub qu'ils se font à travers leur engagement social. Genre je t'arrache les yeux parce que tu les as plus beaux que moi, contre un petit billet puisque t''as faim, et ensuite je te paie le dispensaire pour te recoudre les orbites.

Sarkozy le vert a un film préféré, il l'a dit. Avec tous ses petits amis au générique. Je ne dirai pas ce que je pense de ce film écolo officiel (0,99 € chez MK2 VOD, 7 € en salle et gratuit sur le net  -- que fait HADOPI !!! --) et à la télé, bien que je ne l'aie pas vu (voir les films modifie la perception qu'on en a). Voici le joli générique de Home (en français : foyer ou maison) avec les jolis noms de tous les petits amis du vert cosy.


Home
envoyé par dontudare.

A nous de garder l'œil ouvert et de savoir lire !

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19 juin 2009

"La douleur de familles et de trucs comme ça..."

Je n'ai aucune idée particulière sur les tenants et aboutissants de l'attentat de Karachi.
Je ne me fais auxcune illusion sur la moralité de la droite française, notamment la plus pudibonde, la plus bourgeoisement faux-cul.
Le fond de la nouvelle "Affaire" Karachi ne m'intéresse pas plus que ça.

Mais cette rubrique du vendredi, inspirée par cette façon si particulière qu'à notre président d'exprimer ce qu'il croit être des idées ("Si y'en a qu'ça les démange d'augmenter les impôts..." avait-il coassé devant un micro) rapporte les bons et beaux mots distillés pendant la semaine par nos puissants dirigeants. Au début, je pensais que Lefebvre allait occuper le terrain, en raison de la vive pertinence de ses propos et de son esprit pétillant (qui fait pschitt). Mais au jeu de Maîtres et valets, Lefebvre sera toujours le larbin qu'il a toujours été. Le patron, en France, c'est sarko. Dans tous les domaines et même celui de la parole.

Aujourd'hui, donc, Le Président répondait sur divers sujets à des journalistes (à Bruxelles je crois), quand on l'a interrogé sur l'affaire Karachi-Balladur.

Si je publie sa réponse, tout en bafouillis, ricanements et tics nerveux (ça s'entend à la lecture !), c'est que je la trouve proprement extraordinaire.  Jamais, je pense, le chef d'un Etat démocratique ne s'était exprimé de cette façon. Ce type n'en a rien à foutre. Rien à foutre de nous. Ni de rien. Ni de passer pour le parfait cinglé, un félé du carafon, un déjointé de la culasse. Son discours est proprement épileptique, on a envie de lui coincer un glaçon dans le dos pour le calmer. Et ce type parle en NOTRE nom. Il parle en MON nom et ça me dérange vraiment .

Le tout est rapporté par le Nouvel Obs.
NouvelObs

713902Interrogé vendredi 19 juin sur les informations attribuant l'attentat de Karachi en 2002 contre des salariés des arsenaux d'Etat DCN à la suspension du versement de commissions de la France au Pakistan dans le cadre d'une vente d'armes, Nicolas Sarkozy a qualifié ces informations de "grotesque". Le président a été interrogé pendant une conférence de presse à l'issue du sommet européen réuni à Bruxelles.
Nous publions sa réponse in extenso :

713604Question du journaliste: "Selon les informations qui ont été rapportées hier à la suite d'une réunion entre les parties civiles dans l'attentat de Karachi et les juges d'instruction, il semblerait que l'origine de l'attentat ne soit pas due à un acte terroriste mais plutôt à des représailles de l'Etat pakistanais après le non versement de commissions. On parle même de rétro-commissions qui auraient pu alimenter la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Est-ce que en tant que ministre du Budget, vous avez été au courant de tels accords ?"

Réponse de Nicolas Sarkozy, après un léger rire: "C'était pas la peine de vous mettre à ma droite pour parler de ça, franchement. Enfin écoutez c'est ridicule. Franchement, monsieur, franchement c'est ridicule. Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte mais enfin écoutez. Soit il y a des éléments, donnez-les nous. (Balbutiements). C'est grotesque, voilà, c'est ma réponse. Alors qu'est-ce que vous voulez que je vous dise. Raisonnement: Pour son financement Monsieur Balladur aurait accepté des commissions qui n'auraient pas été payées ensuite et ça a donné Karachi… Mais enfin, respectons la douleur des victimes. S'il vous plaît mais qui peut croire à une fable pareille. Qui peut croire à une fable pareille. Et puis si vous avez des éléments donnez-les à la justice et demandez à la justice qu'ils enquêtent. Mais enfin franchement qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Mais, honnêtement, qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Y a 14 ans, de surcroît. On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d'Etat n'existe plus. 14 ans après vous venez me poser la question: 'est-ce que vous êtes au courant de rétrocommissions qui auraient pas été versées à des Pakistanais dans le cadre de la campagne de Monsieur Balladur'. Et vous, vous étiez pas au courant non plus, non ? Vous, vous, vous étiez peut-être journaliste à cette époque, peut-être à ce moment là je vous aurais… non, mais je ne vous en veux pas mais enfin écoutez franchement. (Soupir). Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd'hui, j'y étais… (rires dans le public) c'est incontestable."

Nicolas Sarkozy se met alors à rire avant de reprendre: "Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c'est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu'est-ce que vous voulez que j'aille répondre là-dessus."

Ce type est président de la République. NOTRE président.
Si les Iraniens l'emmerdent, il sait où appuyer sur le bouton...
Au-secours !

Posté par Michel Valois à 18:17 - Si y’en a qu’ça les démange... - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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12 juin 2009

"Dictature des sentiments"

Je reviens un peu en arrière, ayant omis de signaler de beaux propos de  Sarkozy, s'exprimant "devant un parterre de 600 policiers, gendarmes, magistrats et inspecteurs d'académie convoqués à l'Elysée" selon les DNA du 28 mai.

ff7ae6c6_e0b8_11dd_82a9_46a220c5dc60S'en prenant violemment aux "bandes" et justifiant la fouille des cartables dans les établissements scolaires en enfonçant, au passage, des portes ouvertes ("Il n'est pas question de tolérer la présence des armes» dans les écoles", assure-t-il virilement), il se lance dans cette diatribe sublime (oserais-je "hugolienne ?". Heu, non. Je n'ose pas.)

"Aucune rue, aucune cave, aucune cage d'escalier ne doit être abandonnée aux voyous (...) nous ne laisserons pas les petits voyous cupides persécuter les travailleurs honnêtes et courageux", ose-t-il, ordonnant la multiplication immédiate des «opérations coup de poing» dans la gueule, j'imagine, ceci afin de faire cesser la violence immédiatement, voire même sans délai.

Je passe sur l'idée judicieuse de rechercher les signes extérieurs de richesse dans les quartiers de pouilleux où on se doit d'être pouilleux et quelques autres perles de culture, pour en arriver à l'essentiel : pourquoi qu'on est délinquant ? Là, sarko prend de la hauteur et flingue les théories angélistes (non, la montée de la délinquence n'a rien à voir avec la crise économique) pour nous livrer (port gratuit) sa pensée de sa tête de lui : "La délinquance ne procède que très rarement de la souffrance sociale, mais simplement de l'attrait de l'argent facile". Et, grand protecteur non seulement de nos biens, mais aussi de notre pensée, il prévient : "ne vous laissez pas intimider par la dictature des bons sentiments". Là, Hugo, avec ses Misérables et son déterminisme socialo-religieux à la con, est enfoncé. Comme l'autre pétasse et sa Princesse de Clèves.


L'UMP avait pris, pendant la campagne des européennes 7 engagements, dont celui-ci :

"7. NOS CANDIDATS SERONT PRÉSENTS DANS LEUR REGION
Les candidats de la Majorité Présidentielle s’engagent à être présents au Parlement européen à Strasbourg et à Bruxelles. Ils s’engagent aussi à être présents dans leur région où ils tiendront des permanences régulières." (voir leur site).

Cet engagement (qui est élu siège) avait été inspiré par sarko. En foi de quoi, Hortefeu, élu, ne siégera pas et tentera de ravir la région Auvergne en 2010.
Quid des 6 autres engagements de l'UMP ?


La perle de la semaine.
Elle est rapportée par le journal Libération du 10 juin.
"Daniel Cohn-Bendit parle bien. C'est intelligent, direct, sans langue de bois. Moi aussi, j'essaie de parler comme ça."
Frédéric Lefebvre, dit "Le pitbull", porte-parole de l'UMP et grand contributeur à cette rubrique.


Hadopi crucifié par le Conseil constitutionnel.
Albanel se félicite "que le principe d’un dispositif pédagogique de prévention du piratage ait été validé par les Sages..."
Ce qui fait dire à un commentateur : "Si je résume, Hadopi va coûter des millions d’euros pour envoyer des emails ? Albanel a créé la mailing-list la plus chère du monde... "


Mais les plus cons de la semaine, c'est quand même les ouvriers du livre CGT : encore pas de journaux payants demain samedi. A quand plus de journaux du tout. A quand le Journal unique de Pyong Yang ?

Bonne semaine prochaine.

Posté par Michel Valois à 20:45 - Si y’en a qu’ça les démange... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juin 2009

"Hou, les menteurs !"

[ce post était prévu vendredi 5, mais à la suite d'une fausse manoeuvre, je ne le publie qu'aujourd'hui, samedi, Obama Day)

Le vendredi, place à la bétise de nos dirigeants, dans cette rubrique où je ne fais que rapporter, me gardant bien de juger ou de critiquer. J'ai pas envie de me retrouver devant un juge pour injure. Donc tout ça est piqué à la presse et, cette semaine, surtout au Nouvel Obb's. Merci à lui.

Une mère de famille est convoquée au poste de police pour avoir "injurié" la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano sur un site internet, révèle le quotidien Sud Ouest, vendredi 5 juin.
Pour avoir écrit "Hou la menteuse" en commentaire d'une vidéo postée sur Dailymotion, elle doit être entendue le 11 juin à 16h pour "injures publiques envers un membre du ministère" par la brigade de répression de la délinquance contre la personne.

C'est quoi ce pays ?

Depuis quand "Hou !" est une injure ?


Logique avec le bouclier fiscal de sarko et au non-financement du RSA, la mairie UMP de Cannes "conseille" de ne plus donner d'argent aux pauvres qui font la manche. Et l'adjoint au maire argumente :

"En répondant financièrement de manière directe à la demande des personnes qui mendient, nous entretenons et accentuons la spirale de l'alcoolisme, de la drogue, et donc de l'isolement et de la marginalisation (...). L'aide matérielle et financière doit passer par des associations qui apportent tout leur savoir-faire dans les domaines du soutien psychologique, de l'aide sociale et de la réinsertion", indique, dans un communiqué, David Lisnard, premier adjoint au maire et initiateur de la campagne.
Il s'agit en quelque sorte d'une "charité bien ordonnée", ajoute David Lisnard, qui exerce les fonctions de président du Palais des festivals et des congrès.
Oui, le discours dominant lorgne vers le XIX° siècle, avec ses "classes laborieuses, classes dangereuses" et ses miasmes d'"assomoir". Amis riches buveurs d'eau, gardez vos sous pour vous et donnez des conseils aux pauvres, pas de l'argent, celà leur sera bien plus profitable : "Va travailler, feignasse !"
David Lisnard : Hou, le gros réac MENTEUR ! et pire, sans la moindre imagination dans le mensonge.


2008 (Christie's NY) :
91.000 dollars
pour le nu de Carla Bruni-Sarkozy (13 avril 2008).

2009 (Villa Grisebach, Berlin) :
CB_in_bedLa photo nue de Bruni vendue pour 13.900 €.
L'image fait partie d'un lot de dix tirages de la première dame de France, nue, sur un lit défait, prises par la photographe de mode américaine Pamela Hanson en 1994  (4 juin 2009).

C'est la crise dans le monde de l'art...
Quand même, elle est pas trop prude, la sarkoziste, elle sort pas du Couvent des Oiseaux. Elle est pas mal non plus.
Hou, la coquine !

En plus italien et en beaucoup plus vulgaire que la 1ère dame de France, le désolant rigolo italien qui, d'après sa légitime et la rumeur publique aimerait bien la jeunesse. Le rigolo en question a fait censurer, en Italie, des photos de famille, que la presse espagnole s'est empressée de publier. C'est triste et con et vulgaire et vous ne verrez rien de ça ici, mais sur le site d'El Pais, peut-être. Je me demande à qui appartient la bistouquette ?
Au fait, le cavaliere porte plainte contre El Pais, qui n'a publié que 5 photos sur plusieurs centaines récemment saisies par la justice italienne (d'après l'Obs). Duce, je te vois !
Hou, l'arnaqueur !


Bien que cette rubrique soit largement consacrée à rapporter les bétises récentes proférées par nos politiques (en fait et en toute mauvaise foi, ceux que je combats...), je n'ai pas le coeur de reproduire certains propos nauséabonds de fin de campagne électorale du chef tout puissant du MoDem, car tout cà m'attriste (Hou ! L'hypocrite !"). Mais puisque Daniel Cohn-Bendit a été mis en cause d'une manière aussi peu élégante par François le Champi, je vous propose de revenir sur quelques propos de Dany, en 2001, à l'occasion d'un entretien avec Libération. Il s'y exprime sur ces années de permissivité et sur son engagement "libéral-libertaire". J'ai trouvé cette relecture passionante.

«Ma vie est un inventaire permanent»

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le 8 mars 2001

Daniel Cohn-Bendit, entretien avec Jean-Michel HELVIG et Paul QUINIO

Avec le recul, comment avez-vous vécu cette polémique?

Je me suis aperçu tout d'un coup que la parole n'a plus aucune valeur. Quoi que je dise, quoi que je fasse, on me demandait, sans que cela soit nécessairement méchant: «Mais est-ce que vous êtes vraiment pédophile?» C'était le froid total. J'étais glacé. Mon interview à TF1, je persiste et je signe. Le rendez-vous avait été pris des mois et des semaines avant. Si je n'y étais pas allé, c'était pire. Les gens auraient dit, «il se déballonne, il a peur». Donc, malgré les conseils des copains, j'y suis allé. Même si j'avais mal. Et puis, en revenant à Francfort, j'ai d'abord été vraiment touché par le nombre incroyable de messages de solidarité que j'ai reçus. Des gens, pas que des amis, me disaient, «trop, c'est trop». J'ai reçu aussi des messages de solidarité d'hommes politiques, droite et gauche confondues. Les Verts aussi ont été parfaits. Cette chaleur venue des parents du jardin d'enfants de Francfort, qui disaient : «Mais enfin, Dany, arrête, tu as été très important pour nos enfants, c'est absolument horrible de te voir te défendre comme ça», tout cela m'a beaucoup aidé.

(...)

La suite, dont je conseille vivement la lecture, en raison de la haute tenue de la pensée exprimée et du personnage qui s'exprime (en rupture avec cette rubrique) Cliquer ICI (entretien complet).

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31 mai 2009

L'âge du capitaine

Le vendredi, normalement, je publie quelque chose en relation avec le ridicule de ceux qui nous gouvernent. Parce qu'ils disent des bêtises, grosses comme eux et qu'il est bien que ces bêtises soient relayées, afin que nous tous, électeurs UMP, sachions mieux non seulement pour QUI nous votons, mais aussi pour QUOI nous votons.

Hier, vendredi, je n'ai rien publié dans cette rubrique. Non pas que nos puissants gouvernants se soient acheté une conduite (combien ?) s'agissant de la qualité de la parole publique, non, il ne faut pas rêver (de ça), mais simplement parce que j'ai trop bossé cette semaine pour lire attentivement la presse.

Avec 24 heures de retard et pour me rattraper, je vous livre deux choses, l'une annulant (?) l'autre.

D'abord la parole multimédia d'un grand dirigeant de la France, à propos des français (voir la vidéo).

Puis la parole d'un obscur retraité de la politique, mais c'est juste le texte, pas l'image.

1. Admirez la gestuelle et les expressions du visage. C'est un grand.

Et méditez le message : "Chez nous, la population vieillit de plus en plus vieux". Et oui. Et oui...


Sarkozy:"la population vieillit de plus en plus vieux"
par LePostfr

2. Ni image, ni gestuelle, ni même gesticulation. C'est un moins grand. Qui a dit :

Mandela"Être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres."

Oui, c'est moins brillant que "chez nous, la population vieillit de plus en plus vieux". C'est juste Nelson Mandela, un de ces hommes africains dont Le président avait parlé dans un de ses discours, il y a quelque temps.

Mandela a vécu 26 années en prison, alors la liberté, il ne peut pas savoir...
Mais par moment, il me donne l'impression de vieillir de plus en plus jeune.

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22 mai 2009

Sarko, triple négation

Vendredi, c'est permis, on reproduit les conneries des élit(e)s érudit(e)s du pays.

Comme d'hab, cette semaine, le plus balèze pour dire ces choses, quand il ne lit pas un discours écrit par l'énarque de service, c'est le président. Sarko, le président à nous, rien qu'à nous, d'ailleurs on va le garder car aucun autre pays ne le revendiquen même pas la Hongrie.

Donc, l'ex ministre de l'intérieur qui a fait voter une loi obligeant les candidats à l'immigration à apprendre à causer le français correct "chez eux", s'exprimait devant des lycéens et des enseignants, sur la réforme des lycées.

Juste deux phrases, absentes du compte-rendu du Figaro, mais qu'on peut entendre (http://www.youtube.com/watch?v=og4yqREh62c&feature=featured) à condition d'aimer les videos du président.

A propos de la réforme des lycées, il dit un truc relativement incompréhensible, mais comportant une triple négation (il s'adresse à des lycéens et à des enseignants, je le rappelle) :
"... que ça ne soit pas capté par personne." (la réforme, on suppose).

Plus loin, à propos du lycée du futur, nouveau phalanstère :
"... et en même temps, un droit qu'les élèves peuvent s'approprier, où ils y sont heureux".

Vous vous rappelez, Pause café, avec Véronique Jannot dans le rôle de Joëlle Mazart, assistante sociale, un feuilleton pas si con qui se passait dans un lycée "de banlieue". Joëlle essayait d'inculquer quelques règles du français tel qu'il se parle à un élève un peu lourdaud, qui rétorquait "C'est qu'est-ce que j'dis" et comme Joëlle insistait, il benoîtait "mais c'est qu'est-ce que j'fais !"

Parions que Sarko était fan.

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Dessin piqué au blog Chimulus, pas mal du tout,
à l'adresse http://blabladezinc.20minutes-blogs.fr/.

Désolé de n'avoir pas honoré cette semaine l'inénarrable Darcos, qui dans le genre "j'en fais des tonnes", en fait, avec cette idée de fouille au corps des élèves à l'entrée des lycées, afin qu'ils y soient encore plus heureux.

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15 mai 2009

2 sur 5 : le bilan de Sarkozy

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Dessin du futur remplaçant de Philippe Val à la tête de Paris-Inter

L'alliance de Pétain (inventeur en France du 1er mai chômé) et de Mitterrand (qui a férié le 8 mai, victoire des ploutocrates judéo-maçonniques -- nique niques -- écouteurs de jazz) a motivé une interruption de deux semaines de cette rubrique qui rapporte, chaque vendredi, le must du best of the buzzing bétisier de nos dirigeants, mais puissants.

Pour me rattrapper et pour fêter cet anniversaire familial (la France est une grande famille, si on exclut les sans pap, les sans-job qui cassent nos belles sous-préfectures, les sans-télé qui, donc, ne savent rien de l'officielle vérité), voici un spécial "Deux ans, putain !" qui, grâce à NS, ont remplacé le "Putain, deux ans !" de ce pauvre JC.

Pour ne pas tomber dans la facilité, Mgr Lefebvre, esprit sain de l'UMP, ne sera pas cité.

On commence par un journaliste lèche-cul choisi au hasard, mais qui manie avec brillance la métaphore météorologique, voire l'accentuation hallebardesque (si j'osais, la clameur biblique, avec ces idées de "chute", de "colère" (forcément divine) ; bref, un vrai pisse-copie dont l'analyse politique est réellement originale :

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Deux ans après son élection, Nicolas Sarkozy occupe le terrain comme personne. Son hyperprésidence est assumée et il en a corrigé les excès bling-bling pour limiter la corrosion de sa popularité provoquée par son appétit de réformes.
Il affiche un volontarisme et une volonté sans faille après le tsunami financier qui a induit un typhon économique et un ouragan social. Dans la tourmente infernale d’un monde qui a chuté dans une profonde récession, il garde le cap avec la sérénité d’un capitaine qui n’est pourtant pas exempt de colères et de transgressions des usages.
Le président (...) affronte les problèmes de l’Hexagone sans se départir de cette envie d’être un médiateur de choc de la diplomatie transcontinentale.
Ce chef de l’État, qui est capable de passer mentalement d’une soirée fraternelle avec ses amis aux impératifs exigeants du G20 et aux complexités régionales qui, de Téhéran à Gaza en passant par Tbilissi, inquiètent les chancelleries, est un fin négociateur et souvent un maître incompris du compromis.
Il a beaucoup appris auprès de Mitterrand et de Chirac pour son plus grand profit dans une société où l’opposition est incapable de développer une alternative crédible.
Bien sûr, les Français ont une liste de reproches à faire au président. Forcément ils espéraient mieux et avaient parié sur une croissance qui n’est plus qu’un mirage. Mais ils ne se satisfont pas des charges de lanciers contre Sarko, des haines recuites découpées en bouchées brûlantes de détestations, des jalousies mesquines et des rancœurs obsessionnelles de petits Fouquier-Tinville déguisés en procureurs populistes.

Auteur : Hervé Chabaud, qui a vraiment appris de ses études de journalisme que le populisme est étranger au sarkozisme. D'ailleurs, ça ne rime pas.
Article paru le : 6 mai 2009

Du côté du Figaro :

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Sarko, mardi, en meeting : « Je ne laisserai pas se développer le phénomène des bandes. Je n'accepterai pas que des voyous viennent manifester avec des cagoules. »  Nous avons un président philosophe pour qui cagoule rime avec foule (ou défoule ?) et bande avec ?

Aux ordres, le Figaro titre "Les cagoules des casseurs  interdites par décret", illustrant son propos hardi (c'est hardi d'imaginer un "décret cagoule") par une photo de manifestants ainsi légendée : "Des «Black Blocs» lors de la grande manifestation anti-Otan, samedi. Leur stratégie est de s'attaquer à des symboles du capitalisme en marge des rassemblements."

Je n'ai pas tout lu l'article, pas de temps à perdre. Mais je crois comprendre que l'arme fatale du casseur est la cagoule, comme l'arme fatale du terroriste ultra-gauchiste de Corrèze est le fromage de chèvre.

Mais si les "symboles du capitalisme" selon le Figaro sont ceux qui me viennent à l'esprit (les licenciements boursiers, les parachutes dorés, les délocalisations vers les pays sans syndicats, les déclarations de Fillon -- « Nous n'augmenterons pas les impôts : c'est contre-productif en période de récession, car celà pèse sur la consommation, et c'est dangereux si la situation s'améliore, car cela risque de freiner la reprise» [là, il parle du bouclier fiscal inventé par Villepin et alourdi par Sarkozy, qui permet aux plus riches parmi les plus riches de payer moins d'impôts et il veut nous faire croire que Bolloré ou Hallyday ne pourront plus acheter des cacahuètes pour accompagner leur Dom Perignon si le bouclier repasse de 50 à 60 %] et là, Fillon nous prend pour des courges) ; donc, s'il s'agit là des symboles du capitalisme que les casseurs attaquent, des cagoules sont insuffisantes. Au fait, si pour rétablir la paix civile, on interdisait certains symboles du capitalisme au lieu des cagoules ? ça éviterait aux casseurs d'acheter des cagoules. Oui mais... Si les casseurs n'achètent plus de cagoule, la consommation va baisser "et c'est dangereux si la situation s'améliore, car cela risque de freiner la reprise", comme le dit Monsieur Fillon, qui s'y connait. Bon, l'économie c'est compliqué, on passe à autre chose.

Le patron, c'est le patron et il ne me viendrait pas à l'idée de contester la supériorité de la race des patrons sur la race des trons (ci-trons, pol-trons etc.). Donc, en attendant les oeuvres complètes que ne manquera pas de publier La Pléiade lorsque Gallimard aura été racheté par TF1, je vous propose un petit florilège fleuri de la parole présidentielle, providentielle, sacramentielle (certains disent "pestilentielles", mais pas moi, évidemment...).

Le Sarkozadit.

Sur les institutions :
"L'important dans la démocratie, c'est d'être réélu. Regardez Berlusconi, il a été réélu trois fois"
(15/04/09, déjeuner avec des parlementaires)

Sur les banlieues :
"On va vous donner une deuxième chance en vous offrant une formation qualifiante. En retour, je te demande une chose. Tu te lèves le matin et tu bosses. La vie, ce n'est pas glander."
(Sartrouville, 21/01/08)

Sur le dialogue social :
"J'écoute, mais je tiens pas compte."
(20/01/09, Sourdun, à propos des fermetures de casernes)

Sur la justice :
"Je n'ai pas envie d'avoir le même moule, les mêmes personnes, tout le monde qui se ressemble, alignés comme des petits pois là, même couleur, même gabarit, même absence de saveur."
(7/10/07, émission "Vivement dimanche", sur la différence entre R. Dati et les magistrats)

pub_transaviaSur l'université et recherche :
"A budget comparable, un chercheur français publie de 30 à 50% en moins qu'un chercheur britannique dans certains secteurs. Evidemment si on ne veut pas voir ça... Je vous remercie d'être venus, il y a de la lumière, c'est chauffé..."
(28/01/08, Université Paris-XI devant les chercheurs)

Sur la fiscalité :
"Une société égalitaire, c'est le contraire d'une société de liberté et de responsabilité."
(Saint-Quentin, 26/03/09)

Sur les médias et la culture :
"Les journalistes, ce sont(*) des nullards. Il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits, et encore, les bandits, eux, ont une morale."
(Source Canard enchaîné du 15/04/09)
(*) Il faut rendre hommage au beau parler du président, qui aurait pu dire "c'est des nullards", mais a préféré la conjugaison "ce sont", car, fort en calcul, il s'est rendu compte qu'il était plusieurs nullards.

Étranger :
"Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles."
(Discours de Dakar, 26/07/07)

pub_transavia2Sur l'immigration :
"Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter."
(23/03/06, réunion des adhérents UMP)
J'imagine qu'il pensait à son copain belge Johnny, installé en Suisse et que le bouclier fiscal n'a pas fait revenir. Euh....

Sur la sécurité et la police :
"Je ne laisserai pas le phénomène des bandes s'installer. [...] J'ai vu deux reproches : ceux qui disent c'est liberticide, je ne vois pas en quoi c'est liberticide, soit c'est inefficace. Il faudrait savoir : soit c'est liberticide, soit c'est inefficace."
(24/04/09, table ronde sur l'insécurité et les violences)
NB : "soit c'est liberticide, soit c'est inefficace" = ça ne peut pas, selon le président, être les deux à la fois. Choix binaire (malgré une phrase précédente tellement bancale qu'en recopiant la citation, j'ai cru m'être trompé...) => efficace = liberticide // (libertogène) garant des libertés = inefficace.
Je crois comprendre du sabir sarkozien que ce qui est efficace est liberticide. Problème : la CNIL prétend que la loi Hadopi est liberticide ET inefficace. (abîme de perplexité).

J'ai cité objectivement ces bribes, sorties de leur contexte, d'un discours présidentiel, sans hiérarchie. Mais j'ai une préférence pour les propos sur "l'homme africain". Sans le situer dans l'échelle de l'évolution, le NS crée une étape, jusqu'à présent passée inaperçue aux yeux binoclards des scientifiques (au fait, le président ne porte pas de lunettes, sinon des Ray ban pour être encore plus beau et séduisant) dans l'évolution vers l'humain, vers l'homo sarkozus (à propos d'homo, j'aurais dû citer ses réflexions sur l'homosexualité, à l'occasion de sa rencontre avec un philosophe d'extrème gauche, dont on peut se demander, au demeurant, ce qu'il venait galérer dans cette revue).

Voilà, c'est fini pour ce vendredi et j'ai conscience d'avoir érigé un modeste monument à un président (voire un hyper-président, selon les termes du journaliste ardennais cité plus haut) qui pourrait, en travaillant encore un peu, prétendre à la stature d'un Kim Jong Li, voire peut-être, en travaillant un peu plus, d'un Kim Il Sung européen.

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Chapeau bas. A la hauteur de notre héros du jour.

Posté par Michel Valois à 23:39 - Si y’en a qu’ça les démange... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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24 avril 2009

Le doux dit de Dati (ou la République des Belles Lettres)

Cette rubrique, chaque vendredi, donne un aperçu (trop bref) des conneries proférées pendant la semaine par les puissants qui nous dérangent (dirigent ?).

Dati_dans_CloserDésolé pour les poids lourds du genre (Frédéric Lefebvre, Nicolas S., Benoit S.), mais cette semaine, Rachida D. tient la corde. 2ème sur la liste UMP d'Île-de-France aux européennes et, toujours, malgré que ça me laisse rêveur, ministre de la justice, Rachida D. a traité devant les "jeunes de l'UMP" (sic) un sujet qui passionne les lecteurs du genre de presse dont elle fait habituellement la Une : l'Europe.

Après une heure de retard au meeting présidé par la "tête de liste" Michel Barnier (oui, je sais, c'est facile, ils sont toute une liste et il n'y a qu'une seule tête...) et un «Bonjour Rachida»  que lui lance le jeune Jean Sarkozy, de la tribune, elle répond avec la compétence naturelle qui a fait sa réputation aux questions des jeunes umpistes -- on dit jUMP, chez eux, mais pas chez moi -- , genre :

Question : "L'Europe s'occupe-t-elle trop des affaires nationales ?"
Réponse (en s'esclaffant) : "Elle [l'Europe] s'occupe de ce qu'on lui donne à s'occuper" (puis, se reprenant) "elle s'occupe de ce qu'on lui donne à s'occuper avec les personnes qui peuvent porter ses affaires à s'occuper". Effectivement, ya de quoi rire et Julien Coupat a dû bien rigoler du fond de sa cellule devant sa télé. Surtout quand elle ponctue en gloussant : "J'l'ai bien fait là ?".

Libé raconte : "Interrogée sur le nucléaire, elle lâche un «ça, on avait répété un peu» déclenchant des rires dans le public. Puis s’emmêle les pinceaux: « Alors je récite. 77% de notre énergie... provient du nucléaire, c’est ça? ». On lui souffle: «électricité.» « Electricité? Oh ben, vous m’avez dit énergie», pouffe-t-elle avant de tenter un rattrapage hésitant: « Donc, le nucléaire oui, mais il faut quand même se mobiliser pour développer les énergies renouvelables qui sont les éoliennes. C’est ça? »".

L'habituel beau-parler du Président déteindrait-il sur la parole publique de cette élégante, à l'image de l'idéologie flicaillère qui bétonna de gris-prison les lois sur la justice de ces dernières années, écrites en un français si châtié ?

"Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, commente J. F. Copé, patron des députés UMP, elle est en délire quotidien, avec des propos hallucinants. Elle injurie la France, tout ça est effrayant". Quant à F. Lefebvre, il veut carrément la renvoyer chez son psy. Bon, Copé et Lefebvre s'en prenaient à Ségolène R. mais vous ne trouvez pas que leurs propos collent assez bien à Rachida ?

Laurent Joffrin, directeur de Libération (journal qui, selon l'expertise avisée de Mgr Lefebvre "ressemble de plus en plus à un tract» et, «en colportant une fausse information, contribue à abîmer l’image de notre pays») a le mot de la fin, à propos de la ministre candidate rieuse : « Dati en sait moins sur l'Europe que les candidats de Qui veut gagner des millions ? ».

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Une petite brève que j'aime bien, attribuée par le Canard enchaîné au patron de Rachida D. :

« Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale. »

L'analyse est fine, c'est pourquoi je vous en fais cadeau.

Cf., sur ce point, un papier de Slate.fr.

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