Les petits pavés

Cinéma, politique, solidarité, littérature, musique, la culture non sarkopatible.

23 octobre 2009

Pour Claire

Aujourd'hui, nous avons conduit Claire là où elle n'avait aucune place réservée. C'était comme une erreur de casting, ce n'était pas la bonne personne. C'était comme une erreur de trajet, une fausse route. Ce n'était pas la bonne destination. Et puis l'ambiance n'allait pas, sauf le soleil sur ce coin de Normandie, peut-être une façon de dire... Trop de jeunes gens, de jeunes filles qui s'ouvrent à ce qu'elles seront, de jeunes garçons qui doutent - souvent, les garçons doutent, trop de jeunes gens en larmes. Mais les embrassades. Les cœurs qui se réchauffent aux corps amis. Les mots qui disent le regret de ce qui ne sera plus, mais aurait dû être. Certains jours sont étranges. On a envie de lever le poing au ciel pour se révolter. Et comme Missak, au point du jour qui nait si clair, si amical, une personne dit qu'il faut s'aimer à tort et à travers, s'aimer encore. Alors, si la souffrance est noire, l'espérance que nous ne sommes pas tombés ici, sur cette terre, pour rien, est blanche. Blanche comme les fleurs multiples s'amoncelant sur le corps éteint avant l'heure de Claire.
Je n'ai pas eu le privilège de connaître Claire, mais je sais, je l'ai vu, senti et ressenti aujourd'hui, dans la nef et dans la rue et dans ce champ de chardons où je n'avais pas envie de la laisser seule et dans le regard mouillé, accablé de ses amis, de ses parents, qu'elle portait en elle une lumière destinée à éclaircir l'âme et les questions et les timidités des autres. Et que cette lumière ne s'éteindrait pas.
Aujourd'hui, j'ai pensé à cette chanson de Jacques Brel, à ce texte.

Bien sûr il y a les guerres d'Irlande
Et les peuplades sans musique
Bien sûr tout ce manque de tendres
Il n'y a plus d'Amérique
Bien sûr l'argent n'a pas d'odeur
Mais pas d'odeur me monte au nez
Bien sûr on marche sur les fleurs
Mais voir un ami pleurer!

Bien sûr il y a nos défaites
Et puis la mort qui est tout au bout
Nos corps inclinent déjà la tête
Étonnés d'être encore debout
Bien sûr les femmes infidèles
Et les oiseaux assassinés
Bien sûr nos cœurs perdent leurs ailes
Mais mais voir un ami pleurer!

Bien sûr ces villes épuisées
Par ces enfants de cinquante ans
Notre impuissance à les aider
Et nos amours qui ont mal aux dents
Bien sûr le temps qui va trop vite
Ces métros remplis de noyés
La vérité qui nous évite
Mais voir un ami pleurer!

Bien sûr nos miroirs sont intègres
Ni le courage d'être juifs
Ni l'élégance d'être nègres
On se croit mèche on n'est que suif
Et tous ces hommes qui sont nos frères
Tellement qu'on n'est plus étonnés
Que par amour ils nous lacèrent
Mais voir un ami pleurer
.

Et aussi

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05 octobre 2009

Au secours ! Je vais mourir ! Aidez-moi

J'ai fait un test scientifique pour connaitre le jour de MA mort. Le genre, regarde bien, c'est ce qui te reste. Et le résultat... En fait, je ne sais pas car ça me demandait d'envoyer un sms à un numéro inconnu de moi (surement surtaxé) et j'ai pas voulu.
Mais l'écran disait ça :

Le_jour_de_ma_mort

Cliquez. Mais cliquez, bon dieu ! Il y a écrit en rouge : Ton résultat est alarmant...

Ca vous fait pas peur vous ? Non ? Ah bon... Ben, moi si.

Bon, peut-être à demain. Peut-être à... Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!

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15 avril 2009

15 avril 1949 - Nombre, nombrilisme

Ce jour là, cette année là, on pouvait lire ça, si on en avait envie et si on savait lire.

poesienaturelle
Camille BRYEN et Bernard GHEERBRANT
Anthologie de la poésie naturelle.
Paris, K éditeur, 1949 (a. i. 15 avril), 175 p.

RG_15_avril_1949
Ce jour là, Hergé, le 15 avril 1949, dessinait.

Spirou_14_avril_1949
Spirou n'avait pas attendu le 15 avril... Il était sorti le 14.

Tintin_14_avril_1949
Tintin aussi, trop pressé pour attendre le 15
était sorti le 14.

Confidences_15_avril_1949
Mademoiselle avait acheté Confidences, numéro frais du jour.

Paris_Match_15_avril_1949
Pour l'événement, Paris Match s'était fait cette tronche
(les Sarkozy n'étaient pas nés).

guesde_spartacus_1949
En avril 1949,
Spartacus rencontrait Jules Guesde.

S_ou_B_mars_avril_1949
Pour patienter à la maternité,
les pères lisaient la livraison du mois
de la revue de Cornelius Castoriadis.

LaMortDuDocteurEstep
The Continental Op
Avril 1949 (le 15 ?)
Éditions Morgan
"Série rouge" n°26

georgerodger1949dt5
Le gagnant d’un combat de lutte,
porté sur ses épaules par le vaincu
(Sud Soudan, 1949 -- 15 avril ? --
célèbre photo de George Rodger).

pattes_blanches02
Affiche de Pattes blanches de Jean Grémillon,
sorti à Paris le 15 avril 1949.

Cette année là,  Richard Strauss, compositeur de la musique de 2001, l'Odyssée de l'Espace, est mort. Ainsi que Victor Fleming, réalisateur (du moins crédité tel au générique) de Autant en emporte le vent et Margaret Mitchell, auteure de Autant en emporte le vent. Je parie qu'un bon nombre de figurants du film, ayant échappé à la guerre du Pacifique et à la libération de l'Europe, nous ont quitté cette année-là. Alors que M. Mitchell s'est contentée d'un taxi pour se faire renverser, Marcel Cerdan utilisait, dans le même but, un avion.

Bruce SpringsteenSpringsteen et Pedro AlmodovarAlmodovar sont nés en 1949, ainsi que Salif Keita et Arno ; mais aussi un nombre invraisemblable de connards qui encombrent encore la planète, alors que Bashung, lui, non. En France, un paquet d'entre eux va partir en retraite, mais pas Alain Minc, ni Philippe de V. qui, né en mars, est déjà plus vieux que ceux nés en avril.

Le 15 avril 1949, donc, j'arrivais, avec les derniers tickets de rationnement et ma tête en pain de sucre. Je n'ai jamais regardé un pain de sucre en face mais j'imagine que c'est assez laid, car ma mère, qui était d'habitude plutôt maternelle, avait voulu me balancer par la fenêtre de la maternité, parce que j'étais trop moche. Ou bien parce que mon arrivée inopinée, 9 mois après le 14 juillet 1948 (j'imagine les lampions dressés et les pétarades finales...) l'a obligée à abandonner la séance avant la fin du film. Oui, elle a perdu les eaux au cinéma. Enfin, depuis, je pense qu'il faut s'en tenir à sa première manière, la première impression est la bonne. A l'époque, je n'avais pas le vertige et un saut de l'ange du quatrième étage, léger, léger, m'aurait transformé en souvenir aérien et non en réalité pesante et, toujours et encore, trébuchante, parmi les cailloux acérés de la vie.

J'écris ça le 14, ne sachant même pas si je passerai la nuit, cette nuit étant comme toutes les autres, imprévisible.

Vous savez, il y a une grande satisfaction à attendre la soixantaine (hé oui, je devrai m'y faire, dans les statistiques, je vais passer à la tranche supérieure). Contrairement aux trentenaires, aux quarantenaires, aux cinquantenaires optimistes, les soixantenaires ont la conviction qu'ils ne doubleront pas le chiffre. C'est déjà ça.

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On reprend tout : pas l'année, le jour.

Morts un 15 avril, excusez du peu : Mesdames de Maintenon et de Pompadour, Abraham Lincoln et Gaston Leroux, Toto (acteur italien génial, bande de nases) et Richard Conte (acteur américain), et Jean-Paul Sartre et Jean Genet, Charles Vanel et Greta Garbo. Et Joey Ramone. Et Pol Pot, qu'il brûle infiniment dans un enfer capitalo-intellectuelcapitalo-intellectuel de gauche. Dans les couples bien assortis, le préfet Eugène Poubelle a du accueillir Kim Il Sung avec joie, pour faire du compost.

Nés un 15 avril ? Leonard de Vinci, et ça suffirait à mon égo de partager mon gâteau d'anniversaire avec lui. Mais quand même : Bessie Smith et Raymond Poulidor et Claudia Cardinale, tous plus vieux/vieilles que moi. Et moi, sans le faire exprès mais c'est comme ça, je suis né le 15 avril 1949 et j'ai 60 ans. Je lève mon verre à la cuite de mon père, en ce 14 juillet 1948, qui a permis ce dérapage sans lequel je n'aurais pas connu Philip K. Dick, Michel Rocard, Bob Dylan, Antoine Doinel, le western, L'histoire de l'oeil, ma fille et un certain nombre de personnes sans lesquelles je serais vraiment pas grand chose.

Bye.

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02 avril 2009

Et si...

Et si on se trouvait à un autre endroit que l'endroit convenable, à une autre heure que l'heure dite ?

Et si on t'avait balancé là, parce que là convient, même si cela ne te convient pas, et si...

Tu fais le tour et le tour forme un cercle serré, comme un trou du cul, et s'il n'y avait pas de réponse à tes messages, et si la raison arraisonnait ton vieux cerveau pour te dire tu n'es pas à ta place, on t'a mis là, on n'aurait peut-être pas dû, on aurait peut-être pu autre chose.

Et si c'était comme ça, justement, des errements dans les marges du scénario et des lignes de fuite qui te retiennent en prison. Et si le mot de la fin était le mot de la fin ? Si en te retournant tu ne reconnaissais plus ton ombre, si tu te sentais trop vieux pour tout ça, incongru, peut-être, comme un mot que tu n'emploies jamais.

Tu sais que ce n'est pas ta place, que ta place est ailleurs, carte anonyme dans le poker menteur, dans le fumigène dissimulant la carapate des mauvais joueurs, des mauvais perdants.

[J'ai été interrompu par une petite conne de la préfecture de l'Orne qui trouvait qu'avant c'était mieux et à qui je n'ai pas eu envie de servir la soupe habituelle. Elle va en référer à son supérieur. Elle a donc un supérieur, un mec qui serait supérieur à elle, intéressant...]

Je voulais juste dire : je suis là où je n'ai pas envie d'être et où je n'ai, éventuellement, plus vraiment besoin d'être, alors... ça me ferait marrer, si je me laissais aller.

Ce qui me fait rire, justement, c'est l'ignorance du geste, de la main, de la nature de la main, de la nature du geste de la main, m'aggripe-t'elle pour jaillir vers le haut comme une semence nouvelle ou appuie-t'elle sur ma tête pour m'enfoncer dans ces théories de semences perdues où noyer ces questions superflues ?

La réponse est-elle un mot du passé ou de l'avenir ? Passé, avenir ? Je doute que les mots portent la moindre réponse.

Alors, passe le blues de Jimi Hendrix hier soir au miroir de tes vingt désirs phonétiques.

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24 mars 2009

J'sens comme un vide


Alain Bashung - La Nuit je mens
envoyé par Quarouble

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16 mars 2009

Sommes-nous les eaux troubles, sommes-nous les souvenirs ?

AB_jeuneMoi aussi, j'ai été traversé par le trajet d'Alain Bashung. Traversé et sans doute j'en suis meilleur. Moi qui suis peu, que serais-je sans les flèches dont je fus, par bonheur, percé.
Ce fut tard, finalement.
Je ne méconnaissais pas Bashung, même je l'appréciais comme portant une modernité et une rébellion qui me faisaient courir. Derrière.
C'est l'album Fantaisie militaire qui m'a révélé (oui, ceci tient quasiment de la divination, ou de la révélation, peu à peu éclaircie, d'une photographie dans la nuit rouge du labo) le vide de mon petit monde sentimentalo-culturel.

J'avais acheté le 45 tours "C'est comment qu'on freine" à la Maison de la presse de Maisons-Alfort, sur la RN 19. Il n'y a plus de Maison de la presse, là, plus de presse, plus de Maison, mais une zone d'immeubles (zone immobilisée) devant laquelle on passe en bagnole sans s'arrêter, car pour quoi s'arrêter ? La face B était "Trompé d'érection" (S'agirait pas de se tromper d'érection - Allez vous plaindre à la direction ) et la pochette en noir et en blanc sales faisait post punk.
En 2003, quand Alain Bashung a initié la Tournée des grands espaces, qui lui fut (qui lui est ?) un Never ending tour à lui, un tour qui ne s'est pas terminé, qui ne finira pas...), j'avoue avoir été blousé, bluffé, voire étonné par l'agressivité rock de la production. Et par, justement, l'espace dégagé par la tournée, le groupe (chaque musico choisi par AB), la hauteur de la mise en musique, l'ampleur d'ensemble du concert, la musique envolée vers les cintres, la stridence des guitares électriques, la profondeur, la gravité, mais la chaleur, mais parfois la douceur presque fille de la voix. La rythmique qui relativise Stravinsky. L'émotion qui brise la voix et montre les voies qui conduiraient de l'un, de l'une, vers l'autre. Le chant qui hésite, récitation puissante, chuchotement, intimité sans pathos.
Puis ce fut la Salle Pleyel et un Bashung soucieux de ne pas agresser les plafonds tout juste rénovés de cette cathédrale musicale, par des jets brûlants de guitare, donc un concert apaisé, aux couleurs country, avec deux reprises de Johnny Cash, dont une avec Chloé Mons.
Enfin, l'Elysée Montmartre, il y a quelques mois. L'électricité dans l'air et la fibrillation dans les coeurs. Une émotion à nu et, pourquoi, ces larmes qui ravagent l'espace aux premières notes de La nuit je mens ? Plus tard, on me dira qu'on a beaucoup pleuré ce soir là. A france inter, Bashung en rigole : "J'espère que je ne vous ai pas fait mal" et philosophe, il conclut "il n'y a pas mort d'homme".
Ben si, justement, il y a. Et on se sent amputé d'une part de notre émotion. Emotion, autant dire une raison de vivre.
Dans un spécial, Les inrocks avaient défini Noir Désir comme le groupe qui avait "déniaisé le rock français". C'est vrai qu'il en avait besoin, le rock français. Alain Bashung a donné au rock français son espace, sa géométrie, sa raison. Sa finalité. Sa réalité. Son évidence.
Avec Alain, on aurait presque été fier d'être français.

J'arrête là (que dire, sinon son impuissance à dire devant une telle saloperie que cette mort précoce) et puisque Libé, outre un réellement très beau numéro "spécial Bashung", a publié des commentaires à chaud des lecteurs, en voici les 35 premiers, bruts d'émotion.

Alain Bashung-L'apiculteur
par Pimpam

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Mon premier disque
Hier, samedi j'ai acheté mon 1er CD de Bashung... c'était son dernier. Ce matin, j'allume la radio et c'est le choc. Pourquoi maintenant ? Il y a des artistes qui défilent et d'autres qui laissent une trace, un fil qui vous retient et vous accroche. J'écoute Bleu pétrole en boucle, et je pleure.
Cestres

Hier en étendant mon linge, j'ai fredonné "Osez, osez, Josephine". Et j'ai passé une bonne heure à me demander pourquoi. Maintenant je comprends.
zubrowska

Tu t'es emmêlé dans le calendrier? Trop tôt pour récolter le miel. A moins qu'au Paradis, il fasse toujours soleil. Happy, apiculteur.
Chikyuu

2 juillet 2004, Nuits de Fourvière
Notre premier concert de Bashung que j'aime depuis la première note de Gaby. Notre fils aîné nous accompagne (il est né après Gaby et il aime aussi parce qu'il a eu la curiosité d'écouter nos CD). C'est aussi l'anniversaire de notre petit dernier: 18 ans ce même jour et le bac du premier coup dans l'après-midi. Du coup, excitation et émotion avant que ça commence. Noir. IL arrive, en noir aussi et mes larmes coulent de bonheur. Sous mes yeux et dans mes oreilles, la quintessence de l'élégance. Bon Dieu, pourquoi l'ai-je raté tant de fois avant ce soir? Il chante et je chasse mes regrets. De cette merveilleuse soirée, il me reste le souvenir intact et le coussin imprimé des logos des sponsors distribué à l'entrée pour rendre les gradins du théâtre antique un peu plus confortables. J'ai inscrit dessus au marqueur la date et «souvenir de la fin d'une journée mémorable. Concert d'Alain Baschung» (et oui, j'ai mis le c). Ce soir, je pleure aussi, mais de tristesse et il nous reste deux billets pour le concert d'Alain Bashung du 12 février 2009, reporté «pour raisons de santé». C'était le cadeau de Noël de notre fils aîné. Je crois que nous ne nous ferons pas rembourser. Moi, pour Noël, je m'étais offert Bleu Pétrole. Je l'ai manqué et pourtant je ne le visais pas. Adieu bel homme. Je pense à ses enfants.
zibeline

Balise au paradis des héros
Dormez bien, Monsieur Bashung, l'éternité désormais vous taille un costard mais ne vous en faites pas, il y aura toujours un fidèle serviteur pour vous dépoussiérer la chemise et vous refaire une blancheur immaculée.
Evanescence

J'ai juste envie de dire merci, merci, merci et bon voyage...
gelatisalami

Interstices
Je me revois à 14 ans, je regardais par ma fenêtre, une nuit, un walkman aux oreilles et toi qui chantait «Rebel». Et je me souviens que je me suis dit «il m'intrigue». Pour moi c'était passionnant, quelqu'un qui m'intriguait. Je n'arrivais pas à te caser, parce que je sentais la rigueur et la folie à égalité. Je ne te voyais pas comme un des «nôtres», les ados, mais pas du côté de nos parents non plus. Alors où, bon dieu ? Et à chaque fois que je te réécoutais, je ne le formulais pas comme ça à l'époque, mais maintenant, je dirais que tu étais toujours dans les interstices. Ouais, tu pénétrais.
Stéliade

Je me suis levé à 06h30 ce matin
Je n'ai pas pour habitude de m'apitoyer sur la mort des stars et des artistes. Mais aujourd'hui c'est différent. Je n'est jamais été fan de Monsieur Baschung. Je me suis levé à 06h30 ce matin et voilà que je mets à écouter «La nuit je mens». et je pleure. Touché au cœur par la grâce inexplicable de la beauté de cette chanson... La souffrance des mots, la fragilité des rimes, la voix d'un homme parti trop tôt nous touche de manière inexplicable... Elle nous rappelle juste que nous sommes des êtres bien fragiles. Merci à Monsieur Bashung de nous rappeler qui nous sommes. J'aimerais seulement qu'aujourd'hui, il nous mente... et qu'il revienne nous chanter ses mélodies en dehors du temps.
lebarde

Mes plus sincères condescendances au crabe qui l'a emporté... Reste la sècheresse, les eaux troubles... Nous serons le souvenir... T'inquiètes...
Fred

Tristesse
«Le souffle coupé
la gorge irritée
je m'époumonais
sans broncher...
... angora
montre-moi d'où vient la vie
où vont les vaisseaux maudits»
Merci Mr Bashung pour vos chansons qui ont accompagné ma vie depuis mes années lycée avec Gaby, en passant par Fantaisie Militaire que j'ai écouté des dizaines de fois... jusqu'à Résident de la République. Une belle bande originale pour le film de ma propre vie.
Marie

Putain de camion, putain de crabe
C'est la B-O de 25 ans de ma vie qui vient de s'arrêter, avec ses bons et ses mauvais moments, jusqu'à ce concert à l'Elysée-Montmartre en novembre pour se dire au revoir. C'est étrange, ça me fait penser à la disparition de Coluche, j'ai l'impression de perdre encore un grand frère.
Volfonisenior

Ce soir les pirates téléchargent "bleu pétrole" pendant que le secrétariat d'Albanel prépare l'hommage convenu habituel.
Peryal

Depuis, je me plante dans les giratoires
Je l'ai vu dans les années 80 et j'avais été très impressionnée de le voir nous exposer ses sentiments et d'absorber les nôtres telle une douce éponge; j'avais le sentiment qu'il souffrait pour nous et nous renvoyait cette souffrance par des mots et des textes sensibles rassurants et apaisants. La vulgarité, l'agitation et l'excitation chez lui n'existaient pas; c'était la classe et la pudeur. Il restait magnifiquement immobile sur la scène, nous chantant ses textes elliptiques et poétiques. Depuis, et même aujourd'hui encore, lorsque j'écoute ses disques (notamment les 2 derniers) en voiture, je me plante dans les giratoires et me trouve dans le sens inverse de la direction que j'avais choisie. Je ne connais pas tout son univers, à l'inverse de celui de Gainsbourg que je connais par coeur, mais il a touché à jamais une corde sensible chez moi... Mélancolie. Flute, zut, il est parti, j'espère et le crois serein.
Loukia

Putain, qu'est-ce que je suis triste !!!!
Taist

Vertige
Ce soir, mon fils de 5 ans m'a demandé pourquoi je pleurais. Et je n'ai pas su, comme à l'habitude, le préserver. Je lui ai laché «Bashung est mort» et il m'a répondu en me prenant par les hanches «oh ! non !» et puis il a enchainé «Maman, il est avec ces trucs derrière le dos, dans sa planète Vénus». Première à éclairer la nuit... Première à éclairer la nuit...
Fabienne

Joséphine est orpheline, le ciel s'est teinté de bleu pétrole... Au revoir Mr bashung ! N'oubliez pas vos cigarettes pour en fumer une avec Mister Gainsbar... Merci pour tout ce que vous nous laissez !
Fleurdecactus83

Ex-fan de eighties
Disparus Bizot et Actuel, maintenant Bashung, ces années 80 qui ont marqué le début de ma vie d'adulte se sentent un peu à poil ce soir, comme moi. Je suis sûr qu'il y a des loulous à dresser et de aqueducs à dynamiter là-haut. Sinon, il y a vraiment maldonne.
Pogos

salut...
Même si je n'étais pas forcément fan, je garderais le souvenir d'un mec bien qui, après deux heures de concert et dans un état de fatigue compréhensible à cause de la maladie, est quand même sorti de sa loge pour saluer les bénévoles qui avaient organisé son concert au festival de la colline en juin. Il posait pour la photo, souriait, signait les autographes, remerciait humblement les gens. Bon souvenir que d'avoir assuré ta première partie, Alain, see you up there... le plus tard possible
Monadjudant69

Mon clavier est effondré...
...Il ne pourra pas parler de Bashung. Seulement citer un extrait des merveilleuses paroles de "La nuit je mens"
"La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine
La nuit je mens
Je m'en lave les mains
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
où subsistent encore ton écho..."
Cixi-Hélène

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14 mars 2009

Où subsiste encore ton écho

On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores
Au fond des criques
J'ai fait la cour à des murènes
J'ai fait l'amour
J'ai fait le mort
T'étais pas née
La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine
La nuit je mens Je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho.

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01 mars 2009

A mon Père

1er mars 1918,

tous les 1ers mars de cette saloperie de vie,

1er mars 2009,

Bon anniversaire Papa.

Mon_p_re_4

Pour te dire tout ce que j'aurais à te dire, il m'en faudrait des pages HTML.
Alors juste : oui, les salauds sont toujours là et toi, dans ton grand nulle part, j'espère que tu t'en fous.

Juste, j'avais envie de te dire Je t'aime, et devant les gens. On avait tellement de mal à se le dire, tu te rappelles ? Non ? Ben moi si.

Bye, à +

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19 janvier 2009

Histoire d'O - "La liberté viendra d'une chose noire"

Le rock, celui qui couvrait le bruit des bombes en 1969 sans en dissimuler l'horreur, salue Monsieur Barack Hussein Obama et lui souhaite pertinence, courage politique et nerfs d'acier.

"La liberté viendra d'une chose noire" écrivait Eldridge Cleaver, qui oscillait entre la non-violence du Pasteur King et la légitime violence (qui flirte avec la Légitime défense) du Black Panthers Party.

Elle viendra, peut-être.

Pour parler de manière personnelle, je salue en Barack Obama l'avènement d'une alternative à une politique de droite (dont notre ami S... fut le vassal) vacharde et revancharde qui, au nom d'intérêts égoïstes a plongé le monde dans l'insécurité en prétendant, couilles en avant (pauvres choses), briser le terrorisme, mais qui fut brisé par lui. Une politique de droite dont Nicolas S... fut le promoteur en France qui prétendait nourrir le bonheur individuel de la négation du collectif et qui a plongé l'Amérique, puis le monde dans l'incertitude du lendemain et la seule certitude que ce sera plus dur pour mes enrfants que pour moi. Une droite qui a nié, après les thèses évolutionnistes, le danger final pour la planète, qui a parié que le bras de fer entre réchauffement de la planète et scientisme libéral verrait toujours la victoire de l'homo libéral.

Fini W, casse-toi dans ton ranch texan prier le dieu qui ne peut plus rien pour toi.

Je n'attends pas de Barack Obama qu'il sauve le monde, ni même l'Amérique, je n'attends rien. Mais s'il pouvait être à l'écoute du Monde. S'il pouvait adopter la réalité comme principe, plutôt que la croyance en un sauveur qui en a bien marre de nous. S'il pouvait dire : voilà, le prédecesseur était un moins que rien et moi je ne suis pas un magicien, je ne peux pas tout. S'il pouvait s'appuyer sur la volonté de s'en sortir de millions de femmes et d'hommes qui ne pensent pas gagner en écrasant l'autre. S'il pouvait faire appel à ces molécules en nous qui ne demandent qu'à prospérer sans faire chier les voisins. S'il pouvait prendre  l'espoir dans ses mains, le baigner de ses pleurs et le dresser en disant "C'est notre enfant et nous le ferons grandir". Alors, les cérémonies de demain, où beaucoup de paroles, de regards et de bons sentiments vont se déverser sur le monde, sur les affamés du sud, sur les réfugiés qui n'en peuvent plus de chercher un refuge, sur le visage étrange de cette enfant morte d'une haine qui lui était étrangère montrée dans Libération il y a peu (oui, il n'y a pas d'étrangers sur cette Terre, seule la haine est étrange), si etc..., alors je pourrais dire oui, puisque nous pouvons le faire, puisque vous l'avez dit, répété et promis, faisons-le.

PS : Je sais que, politiquement, aux USA, ce n'est pas possible, mais comme Mitterand-Badinter en 1981, comme Salvador Allende en 1971, ne pourrais-tu faire qu'on ne tue plus dans ton pays au nom du peuple ? Merci.

Tiens, je suis passé du vouvoiement au tutoiement.

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14 janvier 2009

Personne ?

Personne ne lit ?
Personne n'a envie de réagir ?
Le dernier commentaire ressemblait à un spam, sauf pour qui parlerait anglais beaucoup mieux que moi. Au fait, 0, tu t'es bien situé(e) et je ne vois pas l'intérêt que tu reviennes.
Les autres si, et oh combien.

J'avais plusieurs idées pour vous parler, l'expo Photos américaines 70' de la BNF (allez-y, à pied, à cheval ou en voiture, c'est magnifique) mais je n'aurai peut-être pas le temps, tout' façon tout le monde a dit le bien qu'il fallait en penser, alors dois-je ajouter mon maigre paquetage à ce voyage transatlantique ? L'expo HBC/Walker Evans semblait échanger des idées de plans avec celle de la BNF et j'aurais aimé en parler. Mais dire quoi d'une photo, voici une photo.

evans_hale_county

Et une autrte photo.

WE_NY_1934

Les deux photos sont de Walker Evans ou l'une est de HBC who cares ?

J'aimerais raconter à partir de là, but who cares ?

Si vous venez me voir ce soir, ce serait gentil de laisser un message, un commentaire, un comm. Un sourire.

Je vous embrasse.

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