03 juillet 2009
Maison de M.., Télé de M.., Téléphone de M..
J'ai reçu ça.
"Un SP*, qui doit se marier le 16 juillet, est actuellement en rétention suite à la dénonciation à la police d'une vendeuse de téléphone du magasin Bouygues du centre commercial de l'Agora à Evry, où les flics sont venus le chercher. Prévenez ceux qui pourraient éventuellement s'y rendre, s'ils sont SP, pour qu'ils évitent d'y aller ou, s'ils ne le sont pas, qu'ils sachent ce qui s'y passe et agissent en conséquence ;). A diffuser sans modération.
O. Paris 19°"
* SP = Sans-Papiers
(dans le titre du post, "M.." doit se traduire par "Maçon" - hommage à Michel Polac, qui après un accident vasculaire, revient à l'écriture, lui qui avait été viré par TF1, tout juste acheté par Bouygues, il y a déjà une paie, à cause d'un dessin où était écrit : Maison de m..., Télé de m..., en référence à une pub où Bouygues vantait des "maisons de maçon").
Martin Bouygues, qui a viré un responsable Web de TF1 sur dénonciation du cabinet de la regrettée Albanel, est un très proche de Sarkozy.
29 juin 2009
L'expulsion des sans papiers de la Bourse du Travail par la CGT.
J'ai attendu quelques jours avant d'écrire sur cet événement inattendu, dérisoire et triste : l'expulsion violente par des nervis du service d'ordre de la CGT des familles de travailleurs sans-papiers qui "occupaient" la Bourse du Travail, à Paris. En fait, ils y logeaient, ils s'y regroupaient surtout, ils y faisaient un sort à l'isolement délétère qui nourrit l'angoisse du petit matin, au moment où les bottes dures des robocops de la police française viennent briser les portes des logements insalubres, briser les rêves d'une vie qui ne serait plus un corps à corps incessant contre l'adversité, briser des vies, tout simplement sous la forme d'un aller-simple vers l'inconnu. Depuis 14 mois, ils se serraient les uns contre les autres, reformant les liens sociaux et affectifs d'un village, accueillant les visiteurs avec le maffé, le thé, le café.
Une vieille dame du quartier y venait tous les jours, chercher de l'affection, on l'appelait la Mamie et elle était l'objet de la plus grande attention, du plus grand respect. N'en profitait-elle pas un tout petit peu ? Aujourd'hui, peut-être, elle suit çà à la télévision, seule à nouveau.
Après 14 mois, on se doutait bien que cette occupation, aussi pacifique et courtoise fût-elle, ne pouvait plus durer très longtemps. Ces travailleurs sont tous employés dans de petites entreprises, sans présence syndicale, d'où cette idée de former, dans un lieu symbolique des solidarités ouvrières, une collectivité forte de son nombre et de la conscience de son droit : je travaille ici, j'élève ma famille ici, j'y paie mes impôts, j'y paie mes cotisations sociales, je veux vivre dans ce pays, j'ai le droit de vivre dans ce pays qui utilise ma force de travail. Et d'où l'absence d'intérêt des syndicats pour un combat qui n'est pas le leur.
Pour tout dire, aussi attachantes que furent la cause et la personnalité des "occupants", on était en droit de les penser "mal barrés". Et quand les premières infos ont circulé sur l'attaque dont ils étaient l'objet, pour les mettre dehors, tous les sympathisants, de bonne foi, ont mis en cause la police et ses méthodes de fachos. On ne prête qu'aux riches, dit-on.
La surprise, mais a posteriori peut-on sérieusement parler de surprise, c'est que la CGT a préféré faire le sale boulot elle-même. La CGT, qui appelait à soutenir la Marche des Fiertés, samedi, au nom des principes d'égalité et de solidarité qui sont les siens... Si j'ai tardé à m'exprimer sur cet événement minable, c'est que je ne voulais pas que le compassionnel, si justifié par ailleurs, aveugle la raison. Aujourd'hui, il n'y a plus de doute : la CGT s'est comportée, ce jour-là comme les "patrons-voyous" qu'elle dénonce par ailleurs et souvent avec raison. Elle a privilégié ses intérêts de maître des lieux et méprisé le combat difficile et incertain des plus fragiles d'entre les plus fragiles.
Ces cranes rasés, ces fronts bas, qui ont asphyxié les rares occupants, femmes et enfants en particulier, puisque, comme chaque mercredi, les hommes étaient allés manifester, ces gros bras qui, eux-mêmes protégés, ont balancé des gaz lacrymogènes dans des lieux fermés (VOUS AVEZ SUBI LA VIOLENCE DE CES GAZ DANS UN LIEU FERMé, VOUS ? MOI, OUI et je peux assurer que c'est une méthode de fascistes) ont appliqué, à une cause pourrie, des méthodes de bandits.
Fascistes. Oui, le mot est laché et je le revendique. J'ai une certaine expérience de la CGT. J'ai une certaine expérience de son service d'ordre. Je me suis fait casser la gueule à l'entrée d'une imprimerie célèbre de Maisons-Alfort parce que je distribuais des tracts de la CFDT.
Je ne veux pas être ridicule. Je ne traite pas la CGT d'organisation fasciste. Mais j'affirme que, par des discours complaisants, par des prises de position ambigûes, par des silences troublants, la CGT, plus que tout autre syndicat de salariés, cultive dans ses franges (dans sa fange ?) des militants racistes, xenophobes, aussi haineux de la culture qu'un vulgaire Sarkozy, des personnes homophobes, au machisme craignos, ouvriéristes non pas en raison d'une adhésion à l'histoire ouvrière, mais par cupidité de classe, la cupidité qui fait le larbin envieux du maître, des connards qui aiment cogner, qui auraient eu toute leur place dans les manipulateurs de gégène en Algérie, avec Bigeard et Le Pen, qui prendraient plaisir à "casser du nègre".
Il faut aujourd'hui que la CGT s'explique sur cette gravissime "erreur" (dans les années 70, au PCF et à la CGT, on qualifiait les crimes staliniens d'"erreurs"...), que les responsables de cette ratonnade soient exclus ou démis de toute responsabilité, que la CGT retrouve les chemins de l'honneur.
Certains ont pu penser qu'il était illégitime que des locaux syndicaux soient occupés, alors que les syndicats ne sont pas responsables de la politique d'immigration d'un autre âge du gouvernement. Est-il légitime que 200 familles (ça vous rappelle quelque chose ?) campent sur le trottoir, devant les locaux nettoyés de la Bourse du Travail et soient exposés, à nouveau, aux coups de bottes du petit matin. Sans pap' et SDF. Calais en plein Paris.
Et les militants syndicaux, qui doivent enjamber les corps pour entrer dans leur académie de la lutte sociale, ils sont fiers ? Vraiment fiers ?
Tout ceci ne peut dédouaner le gouvernement qui s'enfonce dans une stratégie aux relents racistes qui jette de trop nombreux "étrangers" dans la clandestinité.
Voici deux liens :
un excellent dossier de Rue 89 sur la politique d'immigration en France
et le communiqué de ce jour du GISTI, sur les événements dont il est question ici.
28 juin 2009
Fièr(e)s : Gay Pride 2009, Paris - Photos
C'était ma première Gay Pride. Je n'aime plus trop manifester dans les rues. Mais il faisait beau, vraiment beau sur Paris et j'avais envie de faire des photos. En couleurs.
Avec la marche arc-en-ciel, je ne pouvais tomber mieux.
On m'a demandé ce qui m'avait le plus séduit. C'est difficile, je pourrais dire les filles sont belles, mais ça ne suffit pas. Je crois que ce mélange générationnel, sexuel, idéologique, ethnique, de couleurs, de tendances politiques... Les "petites pommes et les grandes tiges" (salut François, salut Charles), les trans et les naturel(le)s. Je me suis souvenu que dans un centre de rétention, la police française avait placé un transsexuel devenu femme dans le quartier des hommes. Je n'avais pas eu le temps d'écrire la-dessus, cette perversité administrative à vomir qui jouit de l'humiliation de l'autre. Voilà un point : parmi les milliers de personnes humaines qui ont marché devant moi, ou qui regardaient, aucune (pas une personne) ne m'a donné l'impression de jouir en humiliant quelqu'un.
L'esprit de tolérance était lumineux, comme le soleil, et sous mes coups de soleil (hallucinant : des vrais coups de soleil, bien rouges, sur le Boulevard du Montparnasse à Paris...), je crois que j'ai pris un bon coup, une bonne leçon de tolérance.
La gentillesse, aussi, une certaine prévenance, rare dans le métro. Et ces couples de toutes tendances sexuelles n'ont aucun regard particulier pour les couples autres.
La fantaisie, qui couvre de couleurs le gris pavé de Paris. La joie d'être ensemble. Le mouvement, le sentiment que le mouvement est là. Et le sentiment d'égalité : tous égaux devant nos fantasmes, camarade.
Pas envie d'en dire trop et puisque j'ai pris pas mal de photos, je vous en passe volontiers quelques unes (beaucoup, vont penser certains...). Et plus qu'un long discours, voici un auto-collant de mon syndicat préféré qui en dit beaucoup.
Quand même. En arrivant à Montparnasse par la rue d'Odessa, j'ai regardé ces quatre ou cinq brésiliens musclés et tout en strass, qui ajustaient leurs instruments à percussions. Un ou deux avaient "Capoeira" tatoué sur le bras. Putain, quelle beauté, ces mecs.
Place aux images (j'utilise pour la 1ère fois une nouvelle technique, dites-moi si c'est bien -- sauf la mention "pied de page" qui gêne, on essaiera de faire mieux).
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Rendez-vous l'année prochaine.
26 juin 2009
Sarkozy le vert
(ceci n'est pas mon texte ; mon texte a été bouffé par des araignées mutantes, tant pis, ce qui reste est bien ; vive les bugs de Canalblog !) MV
Une question, d’abord, une question à 10 balles : qui a dit ceci et quand ?
« Là où nous dépensons un euro pour la recherche nucléaire, nous dépenserons également un euro pour la recherche sur les technologies propres et sur la prévention des atteintes à l’environnement. »
Oui, c’est bien le nouveau chef des verts, N. Sarkozy.
Et non, ce n’était pas le 9 juin dernier à l’INES en Savoie… C’était il y a plus d’un an ½. [Discours de clôture du Grenelle de l'Environnement, 25 octobre 2007.]
Comme quoi, on pouvait en douter mais c’est bien vrai : Sarkozy s'est lancé officiellement dans le recyclage. On aurait d’ailleurs pu s’amuser à ce petit jeu de flash back / recyclage en remontant jusqu’au discours prononcé devant les Nations Unies un mois avant. [Discours sur l'énergie et le climat à l'ONU, 24 septembre 2007.]
Quelques déclarations ont fait tilt. Par la force de l’engagement qu’elles impliquaient.
A nous de garder l'œil ouvert ! Et de savoir lire.
- Responsabilité...
"Le défi écologique nous impose l’humilité. Le défi écologique nous impose des devoirs. Devoirs face à l’Afrique qui sera la première victime des changements climatiques. Devoirs face aux pays émergents qui n’ont pas à payer nos erreurs." [Grenelle de l'environnement]
Sans commentaire.
- Bioénergies...
« Il nous faut une croissance propre moins consommatrice d'énergie et de matières premières. […] Les véhicules hybrides, les véhicules électriques, la capture et la séquestration de carbone, les nouveaux carburants et naturellement toutes les énergies dites "peu carbonées" y compris le nucléaire. » [Climat et énergie, ONU]
Éclairage :
=> "Rome : des experts évaluent l’impact de la bioénergie sur l’environnement et sur la sécurité alimentaire" (avril 2007) sur le site du Réseau international d’accès aux énergies durables.
Ou la nécessité d'une production raisonnée des matières premières.
Un exemple de production de matières premières servant à la fabrication des biocarburants : Bolloré

Ouvriers sous-traités des plantations Socapalm au Cameroun
(blog.mondediplo.net)
Bolloré gère directement et indirectement (à travers sa large participation au groupe Socfinal) plus de 150 000 hectares de plantations de palmiers à huile et d'hévéas en Afrique et en Asie.
=> Le site du Groupe Bolloré (pour un aperçu impressionnant des activités du groupe)
=> Pour un autre regard, le site Survie.
=> "Port, rail, plantations : le triste bilan de Bolloré au Cameroun" (Le Monde Diplomatique, avril 2009)
- Énergies renouvelables...
« Il faut parler, du nucléaire comme de toutes les autres énergies renouvelables. » [Climat et énergie, ONU]
Définition :
"Fournies par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau, les marées ou encore la croissance des végétaux, les énergies renouvelables n’engendrent pas ou peu de déchets ou d’émissions polluantes. Elles participent à la lutte contre l’effet de serre et les rejets de CO2 dans l’atmosphère, facilitent la gestion raisonnée des ressources locales, génèrent des emplois. Le solaire (solaire photovoltaïque, solaire thermique), l’hydroélectricité, l’éolien, la biomasse, la géothermie sont des énergies flux inépuisables par rapport aux « énergies stock » tirées des gisements de combustibles fossiles en voie de raréfaction : pétrole, charbon, lignite, gaz naturel." (site Énergies Renouvelables)
- Forêt...
« Il y a une deuxième ambition, c'est la protection de la forêt. » [Climat et énergie, ONU]
Un exemple de forêt à protéger : l'Amazonie péruvienne

L'exploitation pétrolière de Perenco, Amazonie péruvienne
La multinationale franco-britannique Perenco fait partie des compagnies pétrolières en activité en Amazonie péruvienne. Ces compagnies sont près de profiter encore plus largement des réserves du Pérou grâce à la volonté du gouvernement péruvien : celui-ci tente en effet de passer outre, dans la violence, les droits accordés aux populations amérindiennes locales en ouvrant l'exploitation de nouveaux sites aux compagnies étrangères afin de "rentabiliser" ces terres.
=> "L'autre prix du pétrole - Un avocat français en terre amazonienne" (France Culture, 26 septembre 2008)
=> "La course au pétrole tue en Amazonie péruvienne" (Rue 89, 6 juin 2009)
- Impact et viabilité...
« A l'avenir, tous les projets que nous financerons dans les pays en développement seront conformes aux plans nationaux de lutte contre le changement climatique et seront évalués selon leur impact et leur viabilité. » [Climat et énergie, ONU]
Un exemple de projet français : L'uranium nigérien.

Arlit au Niger : Le président de L’ONG Aguer’iman mesure la
radioactivité sur une poutrelle métallique du plafond d’un logement.
(Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie)
Appuyé par le président Sarkozy, le projet de mine d'uranium d'Imouraren (2e plus grande au monde) est devenu réalité début mai 2009, quand Areva a donné le premier coup de pioche, après de longs mois de bataille contre la concurrence chinoise et le gouvernement Nigérien... Cela malgré l'inquiétude de nombreuses ONG quant à la sécurité sanitaire, aux risques écologiques et aux déplacements de populations dûs au projet.
=> "Bataille pour l’uranium au Niger" (Le Monde Diplomatique, juin 2008)
=> "Sarkozy, commis voyageur du nucléaire français en Afrique" (La Tribune de Genève, 28 mars 2009)
=> "Mine d’uranium d’Imouraren au Niger : Un plan d’urgence indispensable avant l’exploitation par Areva" (site de la CRIIRAD)
- Conclusion...
« Le défi écologique nous impose l’humilité. Le défi écologique nous impose des devoirs. Devoirs face à l’Afrique qui sera la première victime des changements climatiques. Devoirs face aux pays émergents qui n’ont pas à payer nos erreurs. »
« Là où nous dépensons un euro pour la recherche nucléaire, nous dépenserons également un euro pour la recherche sur les technologies propres et sur la prévention des atteintes à l’environnement. »
A quand des concurrents raisonnés de Bolloré, Areva, Perenco, Total et consorts en matière de développement durable ?
PS : Éclairage sur la loi de finance 2009 et le financement de la recherche sur le nucléaire par rapport aux ENR : "Les mauvais comptes verts de Sarkozy" (Libération, le 20 juin 2009)
PPS : Ce qui est génial, quand on se balade sur les sites de ces gros groupes, c'est de voir la pub qu'ils se font à travers leur engagement social. Genre je t'arrache les yeux parce que tu les as plus beaux que moi, contre un petit billet puisque t''as faim, et ensuite je te paie le dispensaire pour te recoudre les orbites.
Sarkozy le vert a un film préféré, il l'a dit. Avec tous ses petits amis au générique. Je ne dirai pas ce que je pense de ce film écolo officiel (0,99 € chez MK2 VOD, 7 € en salle et gratuit sur le net -- que fait HADOPI !!! --) et à la télé, bien que je ne l'aie pas vu (voir les films modifie la perception qu'on en a). Voici le joli générique de Home (en français : foyer ou maison) avec les jolis noms de tous les petits amis du vert cosy.
A nous de garder l'œil ouvert et de savoir lire !
Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière ont gagné
Comme les gens dont les noms suivent,
dont certains sont célèbres, d'autres illustres,
d'autres talentueux.....
Woody Allen
Françoise Arnoul
Edouard Baer
Guy Béart
Julos Beaucarne
François Berléand
Jean Bigot
Jacques Bonnafé
Rosa, Emilien & Alexandrine Bouglione
Paul & Michel Boujenah
Arturo Brachetti
Olivier Broche
Cabu
Nicole Calfan
Leos Carax
Marc Caro
Leslie Caron
Roland Cayrol
Laurent Chalumeau
Louis Chedid
Jean-Pierre Coffe
Jean-Louis Comolli
Alain Corneau
Jacques Cristobal
Dolores & Eugène Chaplin
Lemmy Constantine
CharlElie Couture
Joe Dante
Yvan Dautin
Patrice Dard
Antoine & Emma De Caunes
Hélène Delavault
Claire Denis
Julie Depardieu
Frédéric Diefenthal
Philippe Druillet
Anny Duperey
Albert Dupontel
Philippe Duquesne
Stephan Eicher
Dominique Farrugia
René Féret
Nilda Fernandez
Pascale Ferran
John Flaherty-Cox
Agathe Gaillard
Terry Gilliam
Hippolyte Girardot
Jean-Luc Godard
Noël Godin
Michel Gondry
Gotlib
François Hadji-Lazaro
Bernard Haller
Gwendoline Hamon
Pierre Henri
Daniel Herzog
Gilles Jacob
Jean-Pierre Jeunet
Terry Jones
Gérard Jugnot
Aline Issermann
Mathieu & Peter Kassovitz
Gérard Krawczyk
Gilbert Laffaille
John Landis
David Larible
Jorge Lavelli
Claude Lelouch
Lolita Lempicka
Gérard Lenorman
Maud Linder
David Lynch
Christophe Malavoy
Pierre Maguelon
Gérard Majax
Frédéric Manoukian
Tonie Marshall
Albert Marcoeur
Franck Margerin
Ged Marlon
René Meler
Michel Mendès-France
Daniel Mesguich
Martin Messonnier
Anne-Marie Miéville
Julia Migenes
Eddie Mitchell
Yolande Moreau
François Morel
Georges Moustaki
Marc-Edouard Nabe
Jean Narboni
Bernard Noël
Dominique Noguez
Tom Novembre
Michel Ocelot
Jérôme Pernoo
Nicolas Philibert
Michel Piccoli
Ernest Pignon-Ernest
Catherine Prévert
Anna Prucnal
Charlotte Rampling
Jean-Paul Rappeneau
Luis Rego
Michel Reilhac
Serge Riaboukine
Claude & Delphine Rich
Jacques Rivette
Pascal Rogard
François Rollin
Daphné Roulier
Pierre Salvadori
Louis Sclavis
Pierre Schoendoerfer
Barbet Schroeder
William Sheller
Shirley et Dino
Claire Simon
Bruno Solo
Lionel Soukaz
Laurent Spielvogel
Bernard Stora
Anne Sylvestre
Bertrand Tavernier
Sophie Tellier
Philippe Torreton
Serge Toubiana
Catherine Trautmann
Luce Vigo
Jaco Van Dormael
Jean Vautrin
Paul Vecchiali
Hans Walter Müller
Jacques Weber
Lambert Wilson
etc.
et comme d'autres gens moins célèbres
ou talentueux,
Vous,
Nous
avons soutenu Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière
à qui une certaine logique juridico-financière
refusaient de restaurer et montrer leurs films
avec la complicité de la triste Albanel
(mais ne tirons pas sur les ambulances).
Aujourd'hui, le tribunal de grand instance a donné raison au cinéaste et à son scénariste, qui réclamaient que leur soient rendus les droits de cinq de leurs films. Le tribunal a cassé l’accord signé avec la société Gavroche Productions. Les films devraient ainsi bientôt pouvoir ressortir en salles.
Loin d'Hadopi, c'est une victoire facile pour la culture, mais une grande victoire pour les amoureux du cinéma, dont le nouveau préposé de la rue de Valois ne manquera pas de se féliciter.
21 juin 2009
Un délit de soldarité jugé à Rodez
C'est Libération Toulouse qui relate ce non-événement, puisque le délit de solidarité (dixit Le ministre) n'existe pas.
![]()
JUSTICE. C'est certainement un problème de vocabulaire. Le ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, Eric Besson assure que le «délit de solidarité» n'existe pas.
Une peine d'au moins 5 mois de prison avec sursis vient pourtant d'être requise mercredi au tribunal correctionnel de Rodez contre le ressortissant Guinéen, avec papiers, Salimou Fofana au motif qu'il a occasionnellement hébergé, de temps en temps nourri et en tout cas conservé quelques documents administratifs de son compatriote, sans papiers, Baya Namingui.
Si ce n'est pas là un délit de solidarité, c'est qu'il faut réécrire les dictionnaires.
Dans son réquisitoire express de moins de deux minutes, le substitut Eric Camous n'a d'ailleurs à aucun moment évoqué une quelconque qualité de passeur ou de trafiquant de clandestins concernant Salimou Fofana.
Ce dernier, 45 ans, marié avec enfants, manutentionnaire dans une grande entreprise agricole explique tout simplement qu'il n'aurait jamais songé à demander le moindre fifrelin à Namingui.
Sa faute, selon le parquet? N'avoir pas laissé ledit Namingui à la rue et le ventre vide quand il passait le soir à la maison. Sa très grande faute? L'avoir aidé alors qu'il le savait pertinemment en situation irrégulière puisque conservant son dossier demande d'asile auprès de l'Ofpra.
Devrait donc être retenu du réquisitoire d'Eric Camous que la démarche la plus citoyenne pour Fofana eût été de le dénoncer...
Par expérience, la manutentionnaire guinéen de la RAGT pouvait en fait miser sur une régularisation prochaine de son compatriote. Lui-même a été régularisé, il y a dix ans, avec le soutien du Collectif des réfugiés de la région de Rodez. Dont il n'est jamais devenu pour autant militant.
«Ce n'est donc pas une défense de rupture que nous avons envisagée, explique Jean Malié, porte-parole ruthénois de la Ligue des Droits de l'Homme venu le soutenir avec ses amis jusque devant le Palais de justice. Nous ne voulons pas indisposer le juge. Mais juste plaider la bonne foi, la simple humanité de Fofana».
C'est ce qu'a fait à l'audience l'avocat Stéphane Mazars: «Laissant Namingui passer la nuit dehors en hiver, Fofana eût pu être poursuivi pour non-assistance à personne en dangerŠ» plaide-t-il par l'absurde.
Le 3 février 2009, c'est un marabout soupçonné d'abus de faiblesse que les gendarmes de Rodez cherchaient. Perquisitionnant au domicile de Fofana, ils n'ont rien trouvé qui puisse être retenu contre lui. C'était une fausse piste.
C'est là en revanche qu'il ont retrouvé, non pas Namningui, ni son linge ni un lit défait qui auraient témoigné de sa résidence, mais un dossier de l'Ofpra à son nom. Fofana n'était pas marabout. Le moins était qu'il fût un dangereux relais de l'immigration clandestine.
Le parquet ne relève pas cela non plus? Alors il devait être prévenu du délit de solidarité.
Jugement mis en délibéré au 22 juillet
GLv.
19 juin 2009
"La douleur de familles et de trucs comme ça..."
Je n'ai aucune idée particulière sur les tenants et aboutissants de l'attentat de Karachi.
Je ne me fais auxcune illusion sur la moralité de la droite française, notamment la plus pudibonde, la plus bourgeoisement faux-cul.
Le fond de la nouvelle "Affaire" Karachi ne m'intéresse pas plus que ça.
Mais cette rubrique du vendredi, inspirée par cette façon si particulière qu'à notre président d'exprimer ce qu'il croit être des idées ("Si y'en a qu'ça les démange d'augmenter les impôts..." avait-il coassé devant un micro) rapporte les bons et beaux mots distillés pendant la semaine par nos puissants dirigeants. Au début, je pensais que Lefebvre allait occuper le terrain, en raison de la vive pertinence de ses propos et de son esprit pétillant (qui fait pschitt). Mais au jeu de Maîtres et valets, Lefebvre sera toujours le larbin qu'il a toujours été. Le patron, en France, c'est sarko. Dans tous les domaines et même celui de la parole.
Aujourd'hui, donc, Le Président répondait sur divers sujets à des journalistes (à Bruxelles je crois), quand on l'a interrogé sur l'affaire Karachi-Balladur.
Si je publie sa réponse, tout en bafouillis, ricanements et tics nerveux (ça s'entend à la lecture !), c'est que je la trouve proprement extraordinaire. Jamais, je pense, le chef d'un Etat démocratique ne s'était exprimé de cette façon. Ce type n'en a rien à foutre. Rien à foutre de nous. Ni de rien. Ni de passer pour le parfait cinglé, un félé du carafon, un déjointé de la culasse. Son discours est proprement épileptique, on a envie de lui coincer un glaçon dans le dos pour le calmer. Et ce type parle en NOTRE nom. Il parle en MON nom et ça me dérange vraiment .
Le tout est rapporté par le Nouvel Obs.
Interrogé vendredi 19 juin sur les informations attribuant l'attentat de Karachi en 2002 contre des salariés des arsenaux d'Etat DCN à la suspension du versement de commissions de la France au Pakistan dans le cadre d'une vente d'armes, Nicolas Sarkozy a qualifié ces informations de "grotesque". Le président a été interrogé pendant une conférence de presse à l'issue du sommet européen réuni à Bruxelles.
Nous publions sa réponse in extenso :
Question du journaliste: "Selon les informations qui ont été rapportées hier à la suite d'une réunion entre les parties civiles dans l'attentat de Karachi et les juges d'instruction, il semblerait que l'origine de l'attentat ne soit pas due à un acte terroriste mais plutôt à des représailles de l'Etat pakistanais après le non versement de commissions. On parle même de rétro-commissions qui auraient pu alimenter la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Est-ce que en tant que ministre du Budget, vous avez été au courant de tels accords ?"
Réponse de Nicolas Sarkozy, après un léger rire: "C'était pas la peine de vous mettre à ma droite pour parler de ça, franchement. Enfin écoutez c'est ridicule. Franchement, monsieur, franchement c'est ridicule. Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte mais enfin écoutez. Soit il y a des éléments, donnez-les nous. (Balbutiements). C'est grotesque, voilà, c'est ma réponse. Alors qu'est-ce que vous voulez que je vous dise. Raisonnement: Pour son financement Monsieur Balladur aurait accepté des commissions qui n'auraient pas été payées ensuite et ça a donné Karachi… Mais enfin, respectons la douleur des victimes. S'il vous plaît mais qui peut croire à une fable pareille. Qui peut croire à une fable pareille. Et puis si vous avez des éléments donnez-les à la justice et demandez à la justice qu'ils enquêtent. Mais enfin franchement qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Mais, honnêtement, qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Y a 14 ans, de surcroît. On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d'Etat n'existe plus. 14 ans après vous venez me poser la question: 'est-ce que vous êtes au courant de rétrocommissions qui auraient pas été versées à des Pakistanais dans le cadre de la campagne de Monsieur Balladur'. Et vous, vous étiez pas au courant non plus, non ? Vous, vous, vous étiez peut-être journaliste à cette époque, peut-être à ce moment là je vous aurais… non, mais je ne vous en veux pas mais enfin écoutez franchement. (Soupir). Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd'hui, j'y étais… (rires dans le public) c'est incontestable."
Nicolas Sarkozy se met alors à rire avant de reprendre: "Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c'est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu'est-ce que vous voulez que j'aille répondre là-dessus."
Ce type est président de la République. NOTRE président.
Si les Iraniens l'emmerdent, il sait où appuyer sur le bouton...
Au-secours !
Alae Eddin, 19 ans, apprenti, viré
Cette histoire m'a touché, j'ai pensé que vous aussi. Pourquoi celle-là, parmi ces dizaines d'autres identiques ? Je ne sais pas.
Voici ce que j'ai reçu.
Expulsion express pour Alae Eddine,
un symbole de la politique du gouvernement
Mardi 16 juin 2009, vers 21 h : arrestation lors d’un contrôle sans raison apparente de deux jeunes ayant l’air maghrébin. Alae Eddine El Jaadi est « en situation administrative irrégulière ». Garde à vue de 24 h.
Mercredi 17 juin vers 21 h : transfert au CRA de Lyon Saint Exupéry. La routine.
Jeudi 18 juin avant l’aube : transfert en voiture en direction d’un aéroport parisien et à 8 h 30 embarquement sur un avion de la Royal Air Maroc en direction de Casablanca.
Les faits, rien que les faits.
Qui est Alae Eddine pour qu’on l’expulse avec une telle hâte et un tel mépris du droit, et au-delà des formes, du droit humain le plus élémentaire ?
Alae Eddine, 20 ans, est un jeune homme discret, un peu timide, dont le visage s’éclaire d’un sourire quand on lui parle. Il est venu en France, il y a cinq ans pour faire de bonnes études. Sa tante française l’a accueilli et adopté par kafala. Hé oui, nos liens anciens avec nos ex-colonies font que bien des familles ont des membres ayant des nationalités différentes ! C’est le poids de l’histoire.
Mais ce que chacun de nous pourrait faire pour ses gosses, l’envoyer étudier à l’étranger, est impossible pour nos ex-colonisés. Alae Eddine a pu aller à l’école en tant que mineur, mais devenu majeur, sa présence est apparemment insupportable pour le gouvernement et son éminent représentant le Préfet du Rhône.
Qu’importe que ce jeune homme ait réussi sa formation, qu’il trouve un apprentissage, qu’il apporte finalement son talent à notre pays, qu’importent toutes ces réalités quand le gouvernement dédie un ministère spécialisé dans l’expulsion à tout prix. Alors malgré les demandes, la préfecture n’accorde pas de titre de séjour, et en cas d’arrestation inopinée fait pression pour que l’expulsion se fasse en express.
En expulsant le plus vite possible, on évite le passage devant le juge des libertés qui apprécie des conditions de l’interpellation, de la validité de la mise en rétention. Nous laissons la justice juger du mépris dans laquelle la tient l’exécutif.
Nous laissons le simple citoyen juge de la brutalité des faits et de l’énergie dépensée pour « réussir » cette expulsion. Il a fallu que dès mercredi matin des fonctionnaires cherchent des places sur un vol en urgence, que des forces de polices soient mobilisées dans la nuit pour un transfert à Paris puis pour accompagner le « délinquant » dans son expulsion.
Alae Eddine est parti avec 80 € que nous lui avons fait passer, avec les vêtements de son arrestation, il n’a pu saluer ni sa famille, sa tante qui s’est déplacée à la PAF, ni son parrain, ni ses amis.
Viré comme un malpropre pour la gloire de qui ?
Nous demandons le retour immédiat et un titre de séjour Vie privée et Familiale pour Alae Eddine.
Ecrire en franchise postale à :
Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55 rue du Faubourg Saint Honoré
75 008 Paris
Merci de faxer et mailer votre indignation, à :
Matignon :
jean.paul.faugere@premier-
antoine.
arno.klarsfeld@
myri
igor.mitrofanoff@premier-
Elysée :
J'ajoute (vu sur le site RESF) que :
Samedi 30 mai 2009, Alae Eddine était parrainé par Georges Gumpel, ancien enfant caché parce que juif, fils de déporté, partie civile au procès de Klaus Barbie, membre de l’UJFP, et Christiane Demontès, sénatrice du Rhône.
Ses amis, son entourage, son avenir sont ici. Son parrainage, la qualité des liens qu’il a su tisser, le nombre de gens qui l’entourent au moment de cette nouvelle arrestation en sont la preuve vivante.
Alae Eddine doit pouvoir retrouver le droit de vivre et de rêver, celui de travailler comme tout jeune de ce pays. Il doit être libéré et régularisé.
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Cercle de silence Paris Conseil d'Etat
14 juin 2009
Lavilliers chante Ferré
J'ai bêtement raté ce rendez-vous étonnant, il y a quelques années, "Lavilliers Chante Ferré", au Chatelet, à Paris. Vu l'affiche trop tard. Aujourd'hui, on m'a permis de refermer cette brèche du souvenir (i.e. cette connerie) en me montrant le DVD qui vient de sortir. J'en suis encore retourné.
Il y a d'abord l'évidence de cette rencontre : deux artistes de La Marge (titre de l'album consacré par Bernard aux poètes) adulés mais suspects aux yeux de leur public car talentueux (à une puissance rare) et égotistes, complexes, populaires. C'est avec La mémoire et la mer, un des textes les plus secrets de Léo, que la rencontre s'est opérée, aussi fortuite et évidente que celle d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection. La mémoire, on dirait un texte de Bernard sur une musique de Léo ou encore un texte de Léo sur une musique de Bernard. Totale confusion pour une beauté fatale. Et parmi les (pauvres) compléments du DVD, une interprétation de ce titre quasiment terminale, déjà spectrale, d'un Léo fatigué, mais encore en colère, qu'on sent déjà en dialogue avec la mort. Bouleversant.
Le concert se passe en trois parties, comme une sorte de repas lyrique : en entrée apéritive, seul avec son pianiste, Bernard annonce les couleurs de la soirée : La vie d'artiste ("Tu lui diras que je m'en fiche"), Vingt ans, La mélancolie et d'autres perles de haute culture sont énoncées avec toute la sobriété qui sied à l'événement : je rends hommage, mais si je fais du Lavilliers, c'est ma nature, je ne me force pas. Ensuite viennent en plat de résistance les musiciens fidèles, dont l'indispensable Thierry Fanfan aux basses. Pendant une dizaine de titres, Bernard lavilliérise au plus haut quelques titres, tubesques ou oubliés du Grand Passeur. Sa version de C'est extra, réel tube de 1968 rappelle que Gainsbourg n'était pas seul à savoir poser des mots sur le plaisir féminin ("Et sous le voile à peine clos / Cette touffe de noir jésus / Qui ruisselle dans son berceau / Comme un nageur qu'on attend plus."). Après un Thank you Satan au blues rapeux et une Etrangère festive, Lavilliers termine cette partie en magnifiant L'affiche rouge. Je revendique mes larmes et leur authenticité.
La troisième partie, dessert étouffe-belle-mère, m'a moins convaincu. La présence de l'Orchestre national de Lyon, incontestablement inspiré, mais plombé par sa culture classique, un peu réductrice, plombe quelque peu l'hommage, qui se fait national. Je sens Bernard un peu écrasé par la dramaturgie violonneuse de La mémoire et la mer ou du simplissime poème verlainien Ame, te souvient-il ? dont la beauté nue ne demande pas ce traitement de luxe. Les Assis, en revanche, se renforcent de cette dimension symphonique.
Mais quand il revient, seul avec sa guitare, chanter, avec Aragon "pour passer le temps", Bernard nous ramène à l'essentiel : c'est l'homme qui fait la poésie, c'est sa respiration qui en donne le rythme, c'est sa solitude qui lui fait toucher l'univers. Bernard, Léo, une guitare, la nudité enfin, la chanson sans atours, c'est beau.
Suit un extrait trouvé sur internet, de la partie "symphonique". J'ai pu paraître critique, mais il faut l'être et ça n'enlève rien au sentiment de bonheur ressenti. Quelle connerie d'avoir raté ce concert !
12 juin 2009
"Dictature des sentiments"
Je reviens un peu en arrière, ayant omis de signaler de beaux propos de Sarkozy, s'exprimant "devant un parterre de 600 policiers, gendarmes, magistrats et inspecteurs d'académie convoqués à l'Elysée" selon les DNA du 28 mai.
S'en prenant violemment aux "bandes" et justifiant la fouille des cartables dans les établissements scolaires en enfonçant, au passage, des portes ouvertes ("Il n'est pas question de tolérer la présence des armes» dans les écoles", assure-t-il virilement), il se lance dans cette diatribe sublime (oserais-je "hugolienne ?". Heu, non. Je n'ose pas.)
"Aucune rue, aucune cave, aucune cage d'escalier ne doit être abandonnée aux voyous (...) nous ne laisserons pas les petits voyous cupides persécuter les travailleurs honnêtes et courageux", ose-t-il, ordonnant la multiplication immédiate des «opérations coup de poing» dans la gueule, j'imagine, ceci afin de faire cesser la violence immédiatement, voire même sans délai.
Je passe sur l'idée judicieuse de rechercher les signes extérieurs de richesse dans les quartiers de pouilleux où on se doit d'être pouilleux et quelques autres perles de culture, pour en arriver à l'essentiel : pourquoi qu'on est délinquant ? Là, sarko prend de la hauteur et flingue les théories angélistes (non, la montée de la délinquence n'a rien à voir avec la crise économique) pour nous livrer (port gratuit) sa pensée de sa tête de lui : "La délinquance ne procède que très rarement de la souffrance sociale, mais simplement de l'attrait de l'argent facile". Et, grand protecteur non seulement de nos biens, mais aussi de notre pensée, il prévient : "ne vous laissez pas intimider par la dictature des bons sentiments". Là, Hugo, avec ses Misérables et son déterminisme socialo-religieux à la con, est enfoncé. Comme l'autre pétasse et sa Princesse de Clèves.
L'UMP avait pris, pendant la campagne des européennes 7 engagements, dont celui-ci :
"7. NOS CANDIDATS SERONT PRÉSENTS DANS LEUR REGION
Les candidats de la Majorité Présidentielle s’engagent à être présents au Parlement européen à Strasbourg et à Bruxelles. Ils s’engagent aussi à être présents dans leur région où ils tiendront des permanences régulières." (voir leur site).
Cet engagement (qui est élu siège) avait été inspiré par sarko. En foi de quoi, Hortefeu, élu, ne siégera pas et tentera de ravir la région Auvergne en 2010.
Quid des 6 autres engagements de l'UMP ?
La perle de la semaine.
Elle est rapportée par le journal Libération du 10 juin.
"Daniel Cohn-Bendit parle bien. C'est intelligent, direct, sans langue de bois. Moi aussi, j'essaie de parler comme ça."
Frédéric Lefebvre, dit "Le pitbull", porte-parole de l'UMP et grand contributeur à cette rubrique.
Hadopi crucifié par le Conseil constitutionnel.
Albanel se félicite "que le principe d’un dispositif pédagogique de prévention du piratage ait été validé par les Sages..."
Ce qui fait dire à un commentateur : "Si je résume, Hadopi va coûter des millions d’euros pour envoyer des emails ? Albanel a créé la mailing-list la plus chère du monde... "
Mais les plus cons de la semaine, c'est quand même les ouvriers du livre CGT : encore pas de journaux payants demain samedi. A quand plus de journaux du tout. A quand le Journal unique de Pyong Yang ?
Bonne semaine prochaine.












