Il y a quelques jours, j'avais cru intelligent de gloser sur le Top 100 des meilleurs films français selon Les inrocks (L'Evangile selon Les inrocks ?), l'intérêt selon moi étant qu'ils n'avaient publié que leur cassement des 26° au 100° film. Le suspens restait donc entier pour les vingt-cinq premiers et il était possible de conjecturer. Ce que j'ai fait avec un très faible succès public, ce post ayant été peu lu (merci à N. qui en a fait une lecture critique, certes, mais une lecture). La publication des 25 films qui comptent, selon Les inrocks me donnent l'occasion de donner une suite à ce post qui n'a que peu intéressé et suscité aucun commentaire. Mais je suis chez moi et je fais ce que je veux, voici donc :

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Pour consulter le palmarès des inrocks, CLIQUER ICI.

D'abord, ce classement des inrocks est gonflé et ne s'aligne sur aucun académisme, ne ressemble, sinon de loin à aucun classement. Ce magasine est donc bien celui qui impose une cinéphilie de la modernité.

Une très grande surprise, Linconnu du lac d'Alain Guiraudie, récemment méprisé par les Césars, figure en 22ème place. 

J'avais suggéré des films qui devraient y figurer et je ne suis pas mécontent de ne m'être pas trop trompé. Hors Satan de Bruno Dumont n'y est pas, mais j'avoue que le citer était pour moi plutôt un désir qu'un pronostic. Le Pialat manquant est A nos amours et non Sous le soleil de Satan (avec la même actrice, la délicieuse Sandrine Bonnaire, dans le rôle de Suzanne ou de Mouchette). J'en suis ravi. J'imaginais bêtement que chez les intellos des inrocks, le cerveau battait à la place du coeur. Heureux de m'être trompé. A l'inverse, j'avais oublié Cléo de cinq à sept, un des films auxquels je tiens le plus. Les inrocks ont corrigé, c'est bien.

Un des enseignements est l'éviction de Marcel Carné du Gotha. Je trouve ça dommage, car il est très représentatif d'un classicisme de bon aloi, nourri du travail impeccable des techniciens et acteurs des années 30 et 40, moins 50 il est vrai, encore qu'un de ses films de cette décennie me fait battre le coeur à une allure déraisonnable. Le pays d'où je viens, que je n'ai vu qu'avec de belles personnes, qui ont su apprécier les dégoulinures de sentimentalité de se film suranné, certes, mais qui fait tellement de bien.

Surprise finale, Les inrocks ont osé bousculer les icones et La Maman et la Putain de Jean Eustache, prolamé meilleur film français, devance La règle du jeu de Jean Renoir, généralement considéré comme LE film français par excellence, mais ici relégué à la troisième place, derrière Le Mépris de Jean-Luc Godard.


Extrait de La Maman et la Putain de Jean Eustache,
le célèbre monologue de François Lebrun


Extrait de Le Mépris de Jean-Luc Godard,
L'Ane Martin


Trailer américain de La règle du jeu de Jean Renoir

Bonne fin de semaine. Bons films. J'ai eu l'occasion de voir Grand Budapest Hôtel, un peu irritant par son maniérisme mais très distrayant, une sorte d'incursion de Tintin et Indiana Jones chez Sefan Zweig.