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Enfin le cinéma cette semaine (?) avec l'arrivée dans une vingtaine de salles dont trois à Paris d'un des films les plus excitants de l'année (qui tabou-affichem'excite, moi), Tabou du cinéaste portugais Miguel Gomes. Romanesque, mélo, amours, vaudou, trompe-l'oeil, crocodile et voyage dans le temps nous attendent au cinéma pour nous transporter, cette fois, dans un noir et blanc où le ciel semble plus bleu que dans la plupart des films sortis cette année (on essaiera d'en faire un bilan fin décembre ou début janvier). Les références à Murnau (outre le titre du film, le prénom du personnage principal, Aurora etc.) contribuent à énerver mon attente.
A part quelques lignes (d'ailleurs élogieuses) dans Vingt minutes, rien à propos de Tabou dans la presse gratuite, qui consacre des pages entières de critiques (sic) et de pub, à moins que ce soit le contraire, à toutes les bourrinades de la semaine. Et il y en a...
Un film que j'essaierai de ne pas manquer : Le noir (te) vous va si bien de Jacques Bral, qui réalise à peu près exterieur-nuit_1un film tous les dix ans, assez inégaux (en plus), mais qui nous a donné en 1980 le film le plus jazz du ciné français, Extérieur nuit où débutaient, ou presque, Gérard Lanvin et André Dussolier, angéliques et Christine Boisson, impérial oiseau noir de la nuit parisienne, sublime.
Enfin, non vu en première semaine, donc difficile à voir, même à Paris s'agissant d'un petit film, sauf horaires 
abracadabrants, L'âge atomique, film français de 1h08, signé Helena Klotz. Pour ce que je peux en lire, cette "virée adolescente et sensuelle dans la nuit parisienne"  pourrait figurer comme le Extérieur nuit de cette triste période de presque fin du monde. L'âge atomique s'est vu décerner le prestigieux Prix Jean Vigo 2012, après les très excellents Poison violent en 2010 et Les chants de Mandrin en 2011.

L'affiche de la semaine (la plus belle, pour la plus moche il y avait trop de candidates) est celle du film de Jacques Bral. Mais celle de Tabou est vraiment pas mal aussi.

Aff-Le noir

Si je faisais aujourd'hui mon bilan ciné 2012, nul doute qu'y figurerait en bonne place le très beau et mystérieux Les Lignes de Wellington réalisé par Valeria Sarmiento, monteuse et, incidemment, compagne de Raùl Ruiz, vu avec bonheur la semaine dernière. Tiens, déjà une cinéaste portugaise !

Parce que Les Lignes de Wellington est, entre autres qualités, un film à la plastique très riche, dont la beauté refuse tout clinquant, ce papier ciné est écrit entre deux images de son jeune et très prometteur directeur photo, André Szankowski.

A voir : Le très joli site du film.

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Je vous aurais bien parlé de trois pétitions auxquelles j'adhère, mais je n'en ai manifestement pas le temps.

 

 

VariationsCôté lecture, je prends un grand plaisir à redécouvrir Rachel Cusk, encore jeune romancière britannique, dont Arlington Park et ses ménagères pas toutes désespérées avaient fait mon bonheur en 2007 ou 2008. Je retrouve sa banlieue résidentielle et ses héroïnes névrosées de la middle class british entre aliénation sociale et déséquilibre mental (sexuel, sentimental etc.) dans Les variations Bradshaw (2009, Points).
Juste avant, je lisais Le Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras et je me faisais la réflexion suivante : non, Duras n'est pas un auteur difficile, oui, je me suis ennuyé et j'ai perdu pied à cette lecture lorsque je ne faisais aucun effort de concentration, essayant d'ajouter quelques pages à ma lecture juste avant  de m'endormir, par exemple ; mais quel bonheur ce texte lorsque, lecteur attentif (donc en attente de quelque chose), je me suis laissé submerger et bouleverser par lui.

 

Lol SteinOui, en ce moment, je lis pas mal Duras et E., ma compagne, s'est affrontée à Robbe-Grillet et Sarraute. En fait, nous nous préparons, comme des sportifs de bon niveau, aux trois heures trente que dure Nouveau roman, écrit par Christophe Honoré et monté (sic à nouveau) par lui au Théâtre de la Colline, programmé pour dimanche soir. Chouette, on va se marrer !

Côté musique, je pense avoir fait un flop la dernière fois, avec mon Léo Ferré réac, car il n'a pas touché là où je visais. Je réitère donc avec Léo, toujours dans les mêmes archives de l'INA, avec un titre peu connu où son conservatisme révolutionnaire se fait plus subtil que dans Poètes, vos papiers ! Moins théorique, plus personnel, peut-être : Paris, je ne t'aime plus (que chanterait-il aujourd'hui, alors que Libé titre sur 4 nuances de rose ?). Le mini-concert est enregistré dans un cirque et Léo est présenté par des clowns, ce qui donne un cachet d'authenticité à cet Après Mai mal embouché.

That's all Folks! A bientôt.