Un peu de musique sans grand rapport avec la suite de ce billet, pour rappeler aux plus fidèles (hé, salut toi) le peut-être bon temps de La séance du mercredi. Et un concours par la même occasion : dans quel film distribué en 2011, entendait-on Joséphine Baker roucouler La conga Blicoti ? Que voici :

Non, on ne gagne rien, sinon le plaisir de se tartiner la mémoire d'une nostalgie sucrée qui fait du bien.


Erland_Josephsson
Ce billet est dédié à Erland Josephson, acteur et compagnon d’Ingmar Bergman, du premier film de celui-ci (Il pleut sur notre amour, 1946) au dernier (Saraband, 2003). Cet acteur de cinéma, de théâtre, également écrivain et réalisateur, né en 1923, est mort en février dernier.

Acteur majeur de la fantasmagorie bergmanienne, Erland Josephson a apporté son intelligence malicieuse et la subtilité de son jeu à d’autres grands cinéastes, comme Tarkovski  (dans Le sacrifice et Nostalghia) et Angelopoulos (Le regard d’Ulysse).

Photo : Scènes de la vie conjugale (1973) d’Ingmar Bergman avec Liv Ullman.


 Le billet précédent (Où sont les femmes ?), outre une manifestation d'animosité bien compréhensible envers un film qui prétend nous montrer l'humanité de Thatcher en vieille peau imbibée et tenant unmondessansfemmes604des discours à son défunt mari, saluait la fraîcheur d'un nouveau cinéma français au format court : Un monde sans femmes (58 mn) de Guillaume Brac avec Vincent Macaigne, Laure Calamy et Constance Rousseau, complété en salle par le court-métrage Le naufragé (24 mn) du même Guillaume Brac avec le même Vincent Macaigne (dans le même rôle), ainsi que Julien Lucas (que l'on retrouvera prochainement chez Mlle Despentes dans Bye bye Blondie). Histoire de défendre le court qui fait du bien, j'évoquais dans le même billet Le marin masqué (36 mn) de Sophie Letourneur avec Elle-même et la pétillante Laetitia Golfi, vue précédemment dans La vie au ranch, de la même Sophie Letourneur.

Quelques mots d'actualité afin de compléter ce billet. Tout d'abord, Thatcher est toujours là, n'ayant pas eu l'élégance délicate de Erland Josephson (elle fut d'ailleurs une piètre politique, là où il fut un grand acteur, or, c'est bien connu, comme on fait son lit on se couche).
Ensuite et surtout, deux très bonnes nouvelles pour les amoureux du cinéma (et du théâtre) :

Ce qui restera de nous-AffLe premier film de Vincent Macaigne, Ce qu'il restera de nous (avec Laure Calamy), Grand Prix du Court-métrage et Prix Télérama du Festival de Clermont-Ferrand, peut être vu en salle (au MK2 Beaubourg, à certaines heures seulement, mais Un monde sans femmes y étant encore distribué, il doit y avoir moyen de se faire un petit festival Macaigne ; or, ça vaut le coup -- je sais, ce plaisir raffiné est réservé aux parisiens, le film n'ayant pas encore trouvé de distributeur). Attention, sortir couvert, les 40 mn de ce film décoiffent.

Pour ceux qui s'intéressent à Macaigne, réalisateur, acteur, mais aussi auteur et homme de théâtre, il sera présent du 3 au 6 avril prochain au Laboratoire de création de la Ménagerie de verre, pour un événement entre danse et théâtre inspiré de Manque (Crave) de Sarah Kane.
Sur le site de la Compagnie Macaigne (car L'artiste ne saurait vivre en solitaire), on peut lire "Dans un théâtre qualifié de démesuré, d'outrancier et de fulgurant, les acteurs, les images, la lumière et le son travaillent à faire surgir du mythe et du poétique la violence du réel et du quotidien". Ne pas trop se fier au personnage bonnasse qu'il interprête dans Un monde sans femmes : Vincent Macaigne n'est pas un tiède.

Manque
de Vincent Macaigne adapté de Crave de Sarah Kane
avec Aina Alegre, Isabelle Kürzi, Emmanuel Matte
les 3, 4, 5, 6 avril (20h30)
Ménagerie de Verre
12/14 rue Léchevin, 75011 Paris (métro Parmentier).

Quant au film de Sophie Letourneur, Le marin masqué, il sera diffusé par Arte le vendredi 9 mars prochain (gratuitement) à 0 h 35 (soit, en fait, samedi matin). Attention, Arte annonce qu'il n'y aura pas de rediffusion. C'est donc une occasion unique de voir ce film unique, tant par son image au noir et blanc outrageusement vignetté, prise dans des halos à la Louis Lumière, son dialogue/monologue au débit à feu continu, sa fantaisie loufe, comme si le cinéma se réinventait dans l'image inverse d'une flaque d'eau où plongerait une compagnie de reinettes.
Le marin masqué n'est pas un chef d'oeuvre, c'est beaucoup mieux, l'expression de multiples talents en construction.

Deux photos du film : 

MM

LMM04__Shellac

Voir le site d'Un monde sans femmes, ICI.

Voir le mini-site du Marin masqué, ICI chez Shellac.