1. Dédicace.

Il y a quelques semaines, un copain très cher m'expliquait pourquoi il visitait moins ce blog, une des raisons principales étant que j'y consacre beaucoup d'espace (et de temps lorsque je publie, ce qui n'était plus arrivé depuis un bon mois et demi) à des événements plus ou moins culturels qui ont peu de chance de s'évader du ghetto parisien. En cela, consigné en province, il se sentait peu concerné par les sujets abordés ici, auxquels il reste objectivement extérieur, et avait donc moins l'envie de me visiter. Je Patti Smithcomprends parfaitement ce point de vue, je le respecte et, s'agissant par exemple de la distribution des films (question qui m'intéresse au plus haut point), il n'est pas faux de penser que certaines des productions à petit ou moyen budget qui m'ont passionné ces derniers temps, sont ou seront peu vus au-delà des cinquième ou troisième arrondissements de la ville de toutes mes émotions. C'est le cas de Hors Satan qui m'a ébloui et de Bonsaï qui m'a mieux remis les idées en place qu'un ostéopate. Oui, Paris est non seulement la capitale administrative de notre beau pays, elle en est aussi le coeur, le poumon et la colonne vertébrale. C'est pourquoi j'y passe mes journées à travailler et mes soirées à écouter la circulation de mes vaisseaux, les pulsations de mon sang, la chanson rauque de mon souffle s'égayer et reprendre vie (après une journée de bureau, c'est bien le moins) au son, au rythme, au mouvement, à l'odeur de la vie parisienne. Je vis à Paris, je ne veux vivre, respirer, rire et pleurer nulle part ailleurs, car c'est ici que les choses se passent, les plus intrigantes, les plus émoustillantes, émouvantes, un poing levé ici, une jambe gainée de lycra devant l'autre là-bas et partout l'air le plus pur et le plus sain qui flatte nos poumons de bébé, dans les rues, dans les bars, dans le métro, dans les salles de cinéma. Je sais, il passe des films partout, on assiste partout à des concerts, à des expos, Lille, Lyon, même Bayreuth ont leur Opéra et on peut déguster un cupcake fruits rouges-orties-sourire pour la photo à Amiens.

J'ai envie depuis quelques jours de parler de ma vie parisienne, de mes sorties et d'en quoi cela pourrait peut-être intéresser, voire juste concerner mon ami installé en province (volontairement d'ailleurs) à qui je dédie cette suite (deux ou trois ?) de billets consacrée à ma Vie Parisienne.
Pour bande-son, je n'ai pas choisi le  très parisien Offenbach, mais Joe Cocker. Normalement, JC ne fait pas partie de ma playlist comme ils disent, mais celles et ceux qui auront vu un certain film un peu marseillais sorti cette semaine, réchappé de Cannes sans la moindre distinction et qui me semble aussi sentimentalement et humainement dense que La guerre est déclarée comprendront que réécouter cette scie remplit mon bocal à poissons rouge d'émotion (rouge d'émotion ?).

Je n'écris pas ce billet en entier ce vendredi soir, faute de temps, mais je prends date. Il sera question de l'Opéra et comment jouir des splendeurs de l'Opéra à distance. Il sera question de Festivals de rock, celui, décevant, des inrocks, à Paris et celui, exaltant, de Picardie. Il sera question, je l'espère, de films vus et aimés et de mon émotion considérable à considérer des préretraités marseillais se reconstruire par amour, malgré qu'il n'est pas facile de perdre tous les combats (allez voir Les neiges du Kilimandjaro, ça fait tellement plaisir là où on en a besoin). Et puis d'autres choses, des Kills, d'Anna Calvi à nouveau, l'héritière de Piaf et Patti Smith qui a tout sauf une tête de troll comme je l'ai lu. Parenthèse : pourquoi certains se croient-ils obligés de taper sur ce qui nous est proposé de meilleur ? Il sera question d'Amiens, de bière, de taxi, d'une aventure moderne, de choses assez ordinaires. De Patti Smith aussi, qui sera à Paris lundi soir. Et peut-être d'une romance durable qui a choisi Paris pour décor et pour allié, comme dans Midnight in Paris de Woody Allen.

A la semaine prochaine dans cette même salle.