Les habitués savent que je poursuis une série portant sur quelques chanteurs-auteurs, musiciens et autres qui nous font du bien quand on est pas bien. Enfin, ceux qui m'ont fait du bien et qui continuent, d'ailleurs. Après Springsteen et Ferré, après Biolay, l'évidence Bashung. Un titre en deux versions. La nuit je mens est une de ces curiosités poétiques et musicales qui nous hantent, nous pénètrent secrètement un jour, puis quelque temps après on ne peut que constater que c'est là, c'est devenu quelque chose d'intîme, d'intense, mais quoi, mais pourquoi ? Le texte est difficilement compréhensible, comme quelque chose que l'artiste a voulu nous communiquer, mais que sa pudeur nous a présenté caché. Quelque chose qui se déverse directement dans la sensibilité, sans besoin de la moindre approche intellectuelle.

Je tiens La nuit je mens comme équilavente artistiquement à La mémoire et la mer de Ferré ou Like a rollingstone de Dylan. Un bonheur-mystère dont le sens éventuel m'échappe comme la raison de cette vie, mais des titres que j'aimerais (je sais que je n'entendrai pas) comme accompagnements le jour où, passé dans la pièce à côté, je serai enseveli ou crâmé. Sérieux. Il y est bien, lui, Bashung, alors pourquoi lui, pourquoi pas moi ?

La première version que je vous propose est l'ultime, celle de l'Elysee Montmartre. Curieux concert. Concert sublime. Mais à la fin de La nuit je mens, je me suis aperçu d'un truc étrange. J'étais en larmes, mais pas seul. Tout le public était en larmes, les 18 ans, les 68 ans et les autres, je n'avais jamais connu la ferveur amicale, preque amoureuse pour un artiste, cette communion, cette façon de lui dire qu'on l'aimait, comme il nous avait montré qu'il nous aimait par la force de ce concert.

Je vous propose une autre version (déjà publiée ici, me semble-t-il) du même titre, par un Bashung insolent de santé. Comme il reste pour moi et pour toujours.

Une version antérieure.

On continue demain ? Avec qui ?