Les petits pavés

Cinéma, politique, solidarité, littérature, musique, la culture non sarkopatible.

09 juillet 2009

Tristan Sadeghi : Un lycéen "bloqueur" se bat pour sa réinscription dans son lycée !

LES BLOGUEURS AVEC LES BLOQUEURS
(Nouvelles de la démocratie française)

Un lycéen "bloqueur" se bat pour sa réinscription dans son lycée - Nouvel Obs

Tristan Sadeghi, élève de 1ere ES au lycée Maurice Ravel dans le 20 e à Paris n'est toujours pas inscrit dans son lycée en terminale, malgré de bons résultats scolaires, car le proviseur, Philippe Guittet, conditionne sa réinscription à un engagement écrit de sa part de ne plus participer à une action de blocage au lycée lors de mouvement de grève. Lundi 6 juillet, en fin de matinée, professeurs, élus, camarades de classe, syndicats, etc, se sont rassemblés devant le rectorat de Paris autour de Tristan Sadeghi et de ces parents, pour dénoncer une décision descriminatoire. Voir la lettre du proviseur portant des conditions à la réinscription de Tristan Sadeghi

Mots-clés : reportage obs blocage de lycée abus de pouvoir rectorat lycéen

Video de obsvideo

SIGNEZ. SIGNEZ. SIGNEZ.

Appel du comité de soutien

Pour la réinscription sans condition de Tristan Sadeghi

Tristan est un élève de 1ère ES du Lycée Maurice Ravel (Paris 20ème) qui vient d’obtenir son passage en Terminale ES avec comme appréciation sur son bulletin scolaire « Très bon trimestre ». Il n’a jamais posé le moindre problème de comportement ni fait l’objet d’un avertissement conduite et encore moins d’un conseil de discipline. C’est un élève calme, posé, sérieux et raisonné. Délégué de sa classe, membre du conseil d’administration de son établissement, il est apprécié de ses professeurs et de ses camarades de classe. Mais voilà, Tristan, comme nombre de ses camarades de lycée, était investi dans la mobilisation lycéenne de l’hiver dernier. Son Proviseur a décidé de conditionner sa réinscription au lycée pour la rentrée prochaine à un engagement écrit de sa part à ne pas participer à des opérations de blocages !

Cette mesure discriminatoire est totalement contraire aux règles en vigueur dans l’Education Nationale et constitue une attaque contre la démocratie lycéenne. Elle est révélatrice d’un climat ambiant, favorable à la criminalisation de la contestation sociale.

Les signataires ci-dessous dénoncent cette décision du chef d’établissement et exigent la réinscription sans condition de Tristan Sadeghi !


[ SIGNEZ LA PETITION EN LIGNE ]

Posté par Michel Valois à 21:18 - Résister se conjugue au présent - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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06 juillet 2009

Depuis le 30 juin, des "retenus" de Vincennes sont en grève de la faim

Grève de la faim au CRA de Vincennes

Pour défendre leurs revendications, des sans-papiers du CRA de Vincennes se privent de nourriture, encore une fois. Non seulement, la grève de la faim est un moyen d'action très dur, généralement employé par des personnes en souffrance qui n'ont pas ou plus de moyens normaux d'expression.

La moindre des choses, lorsqu'une grève de la faim est menée dans un endroit relevant de l'administration, est que les grévistes soient entourés de soins leur assurant le meilleur confort de vie possible et la sauvegarde de leur dignité. Je ne suis pas allé voir sur place (je n'en ai pas le droit), mais les témoignages qui parviennent à filtrer de l'intérieur tendent à montrer que tout ne serait pas fait par l'administration pour assurer des conditions décentes à cette action désespérée.

Voici les revendications des grévistes, que ce blog soutient sans retenue, puis quelques témoignages. Je n'ai pas voulu améliorer la transcription de ces témoignages (supprimer les fautes d'orthographe ou tirer l'expression vers une langue académique...), par respect pour ces personnes qui attendent de nous, de nos représentants et des fonctionnaires que nous finançons, le respect de leur dignité.

Retranscription de l’appel des sans-papiers
retenus au centre de rétention de Vincennes.

barreauxAvis de grève de la faim

Nous, l
ensemble des retenus du centre de rétention de Vincennes, après une concertation générale, nous avons convenu et décidé dentamer une grève de la faim à partir du 30 juin 2009 jusquà satisfaction totale de nos revendications qui sont les suivantes :

1/ Apporter une solution rapide et efficace aux retenus traumatisés par les tentatives de suicide à répétition.

2/ Améliorer les conditions de rétention dans le centre, voire la nourriture, lhygiène et tous les services internes avec ladministration et la police.

3/ Prendre en considération les retenus souffrants de maladies graves et leur offrir des soins à lextérieur du centre.

4/ Libérer les retenus ayant une situation familiale et des enfants à charge nés et issus dun mariage sur le sol français.

5/ Offrir un nombre suffisant davocats commis doffice durant les audiences pour les retenus.

6/ Donner le choix aux retenus désirant quitter la France par leurs propres moyens pour préserver leur dignité.

7/ Remédier aux conditions de mouvement et de déplacement des retenus et la longue attente avant et après les audiences.

8/ Donner plus de temps aux détenus libérés après 32 jours de détention pour pouvoir remédier à leur situation irrégulière ou rentrer dans leur pays dorigine.

9/ Arrêter les contrôles massifs et abusifs dans les rues qui portent atteinte à la liberté et la dignité des personnes.

10/ Respecter le règlement intérieur des retenus et les informer de chaque mouvement.

11/ Fermer les centres de rétention et régulariser les sans-papiers.


Cet appel daté du 30 juin 2009 a été signé par 48 personnes enfermées au centre de rétention de Vincennes, mais dautres ont rejoint le mouvement depuis.


Trois témoignages de grévistes.



Centre de rétention de Vincennes, jeudi 2 juillet 2009 :

« On a décidé de tenir la grève jusqu’au bout malgré les difficultés : la sécurité, l’administration, les nouveaux arrivants qu’il faut informer. On essaie de tenir malgré la réticence des services du centre. Personne du centre n’est venu nous parler  ni par rapport à notre santé ni par rapport à nos revendications. L’infirmerie ne s’est pas manifestée.
L’administration a refusé de nous donner du sucre. Ils veulent nous donner du sucre en échange de tickets repas pour pouvoir justifier qu’on ne fait pas de grève de la faim.

On informe l’extérieur au maximum : la Cimade et le reste. Aujourd’hui, j’ai vu une journaliste. C’est important pour nous de savoir que c’est relayé. On a amené des trucs parus sur internet que j’ai lu aux autres, ça les a réconfortés. Il y a besoin que des gens prennent le relais. Les deux ou trois leaders peuvent être transférés ou expulsés.
Le plus important, c’est la fermeture des centres de rétention et la régularisation de tous les sans-papiers. Il faut que tout le monde s’unisse là-dessus ! »

Deuxième coup de fil :
« Le capitaine du centre est venu expliquer qu’il était impossible de donner du sucre aux grévistes de la faim car les gestionnaires du centre n’ont pas le droit de sortir du contrat avec l’entreprise privée qui fournit la nourriture. Donc, ce n’est pas possible d’acheter même deux ou trois kilos de sucre car ça sort du contrat ».


Pied_Ecrase
Illustration du toujours très pertinent Paul Gendrot.


Centre de rétention de Vincennes, dimanche 5 juillet 2009, 22h30
2ème témoignage.

Les retenus nous appellent, visiblement très inquiets par l'etat de santé de plusieurs de leurs camarades que l'administration refuse d'envoyer à l'hopital. Nous sommes à une semaine de grève de la faim au centre. D'habitude ces mouvements ne durent que deux ou trois jours... (selon RESF)

"Il y a trois malades dans la journée. Il y en a un qui est tombé et qui a été transféré à l'hôpital. On a aucune nouvelle depuis, il y en a un qui a déjà eu des problêmes, un ulcère. Il est descendu à l'infirmerie, il lui ont donné des comprimés, l'autre pareil il lui ont donné du lexomil. Ils veulent rien faire. Il y a deux personnes qui ont avalé des bouts de métal et des lames aujourd'hui parce qu'ils n'en pouvaient plus,  Il y en a un qui est à l'infirmerie et l'autre qui veut parler à personne. Le médecin est pas là et les flics disent que ça dépend de l'infirmière pour transférer quelqu'un à l'hopital. Il y a un état de stress. Il y a des tentatives d'intimidation pour nous faire manger. Les gens qui vont au distributeur de boisson et de clopes sont pointés sur une liste. On est à bout de nerfs. Comme on a dit qu'on restait pacifiques on sait pas quoi faire. On est tous sur les nerfs. On a des douleurs à l'estomac, des maux de tête. Ca va être une soirée difficile. Il y avait deux chinois qui devaient être expulsés, il y en a un qui a accepté de partir mais l'autre a refusé et il a été libéré.  Sinon ça fait deux jours qu'ils ont ramené personne au centre, quelque part on a réussi un peu. Là on est à peu près une quarantaine et 36 en grève de la faim. Il y en a deux trois qui mangent et ceux qui sont malades."


220608_vincennes_centre_incendie10
Ce jour là, le CRA brûlait.


3ème témoignage (non daté).

« Ici c’est toujours le même rythme, et c’est l’obligation de manger comme des animaux. La guerre est déclarée depuis hier soir. Il y a eu trois bagarres, deux hier soir et une ce matin. Il y a eu une bagarre entre nous à cause du manger et après avec les flics. La bouffe n’est pas bien. Il y a eu la sirène car quelqu’un fumait. Les flics nous empêchent de fumer dans les couloirs alors que dehors il fait trop froid, les regards de travers de la police nous provoquent, ils nous empêchent le soir de discuter dans les couloirs. Hier soir ils voulaient qu’on dorme mais les jeunes voulaient rester ensemble et parler, ça a énervé les policiers. Il y a un problème avec la date de la bouffe, hier on mange la date du 31, ce matin, la date du premier. Moi j’ai pas mangé ce matin. C’est tout le temps des produits datés du dernier jour, on mange rien ou on donne aux Chinois, eux ils mangent tout »

« Pendant votre manifestation, on vous entendait, on est sorti dehors dans la cour, on a crié Liberté Liberté, Vous nous avez entendu ? La police est monté nous voir, ils sont sortis de leur niche, ils ont fait un tour autour de nous. On a essayé de faire des choses mais ils nous ont encerclés, c’est pas facile pour nous, on est entre 4 murs au milieu des policiers et il faisait très froid, il y a des caméras partout. On ne vous voyait pas, et on risque l’isolement. On était super content, ça fait chaud au cœur de voir qu’il y a des gens qui pensent à nous dehors. »

« Avec le juge des libertés, c’est toujours la même chose. On a trouvé une blague on l’appelle « Bonjour – quinze jours », ils ne savent dire que ça « bonjour, quinze jours », on a pas le temps de s’expliquer on est recollé tout de suite en détention. Cela fait 20 ans que je suis en France j’ai une femme, une petite fille de 7 ans et ma femme est enceinte. Le juge il s’en fout. Je suis tombée sur la juge qui est probablement alsacienne, elle est raciste. Je me suis fais contrôlé bêtement en voiture je suis tombé sur des flics cons, excusez moi de dire ça, pour une histoire de permis algérien, ils m’ont embarqué, mis en garde à vue j’ai eu très froid sans couverture et maintenant ça fait 29 jours que je suis là.
On a fait une grève de la faim de deux jours, on a des doutes sur le côté Hallal de la bouffe, ça n’a pas marché, on a arrêté et les leaders sont toujours mis de côté. De toutes façons, les grèves de la faim ça ne marchent pas, j’en ai déjà fait une ailleurs dans un autre centre. On a aussi fait une pétition remise à la Cimade, il y a quinze jours sur la bouffe sur la gélatine de porc dans les yaourts ou les féculents qui ne sont pas assez cuits, ici, quand tu arrives les gars perdent 3-4 kilos en 5 jours. On a réclamé aussi une tondeuse pour les cheveux, c’est une question d’hygiène aussi. Le capitaine nous a dit qu’il n’y avait pas de problème mais on a toujours pas de nouvelle de la tondeuse, ça fait 15 jours. A la cimade il y a une fille compétente et un Monsieur qui vient d’Alsace, il nous aide beaucoup moralement.

03 juillet 2009

Maison de M.., Télé de M.., Téléphone de M..

J'ai reçu ça.

"Un SP*, qui doit se marier le 16 juillet, est actuellement en rétention suite à la dénonciation à la police d'une vendeuse de téléphone du magasin Bouygues du centre commercial de l'Agora à Evry, où les flics sont venus le chercher. Prévenez ceux qui pourraient éventuellement s'y rendre, s'ils sont SP, pour qu'ils évitent d'y aller ou, s'ils ne le sont pas, qu'ils sachent ce qui s'y passe et agissent en conséquence ;). A diffuser sans modération.

O. Paris 19°"

* SP = Sans-Papiers

Maison_deMoi je suis chez SFR

(dans le titre du post, "M.." doit se traduire par "Maçon"  - hommage à Michel Polac, qui après un accident vasculaire, revient à l'écriture, lui qui avait été viré par TF1, tout juste acheté par Bouygues, il y a déjà une paie, à cause d'un dessin où était écrit : Maison de m..., Télé de m..., en référence à une pub où Bouygues vantait des "maisons de maçon").

Martin Bouygues, qui a viré un responsable Web de TF1 sur dénonciation du cabinet de la regrettée Albanel, est un très proche de Sarkozy.

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