Les petits pavés

Cinéma, politique, solidarité, littérature, musique, la culture non sarkopatible.

24 avril 2009

Tati : Jours de fête à la Cinémathèque

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Le doux dit de Dati (ou la République des Belles Lettres)

Cette rubrique, chaque vendredi, donne un aperçu (trop bref) des conneries proférées pendant la semaine par les puissants qui nous dérangent (dirigent ?).

Dati_dans_CloserDésolé pour les poids lourds du genre (Frédéric Lefebvre, Nicolas S., Benoit S.), mais cette semaine, Rachida D. tient la corde. 2ème sur la liste UMP d'Île-de-France aux européennes et, toujours, malgré que ça me laisse rêveur, ministre de la justice, Rachida D. a traité devant les "jeunes de l'UMP" (sic) un sujet qui passionne les lecteurs du genre de presse dont elle fait habituellement la Une : l'Europe.

Après une heure de retard au meeting présidé par la "tête de liste" Michel Barnier (oui, je sais, c'est facile, ils sont toute une liste et il n'y a qu'une seule tête...) et un «Bonjour Rachida»  que lui lance le jeune Jean Sarkozy, de la tribune, elle répond avec la compétence naturelle qui a fait sa réputation aux questions des jeunes umpistes -- on dit jUMP, chez eux, mais pas chez moi -- , genre :

Question : "L'Europe s'occupe-t-elle trop des affaires nationales ?"
Réponse (en s'esclaffant) : "Elle [l'Europe] s'occupe de ce qu'on lui donne à s'occuper" (puis, se reprenant) "elle s'occupe de ce qu'on lui donne à s'occuper avec les personnes qui peuvent porter ses affaires à s'occuper". Effectivement, ya de quoi rire et Julien Coupat a dû bien rigoler du fond de sa cellule devant sa télé. Surtout quand elle ponctue en gloussant : "J'l'ai bien fait là ?".

Libé raconte : "Interrogée sur le nucléaire, elle lâche un «ça, on avait répété un peu» déclenchant des rires dans le public. Puis s’emmêle les pinceaux: « Alors je récite. 77% de notre énergie... provient du nucléaire, c’est ça? ». On lui souffle: «électricité.» « Electricité? Oh ben, vous m’avez dit énergie», pouffe-t-elle avant de tenter un rattrapage hésitant: « Donc, le nucléaire oui, mais il faut quand même se mobiliser pour développer les énergies renouvelables qui sont les éoliennes. C’est ça? »".

L'habituel beau-parler du Président déteindrait-il sur la parole publique de cette élégante, à l'image de l'idéologie flicaillère qui bétonna de gris-prison les lois sur la justice de ces dernières années, écrites en un français si châtié ?

"Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, commente J. F. Copé, patron des députés UMP, elle est en délire quotidien, avec des propos hallucinants. Elle injurie la France, tout ça est effrayant". Quant à F. Lefebvre, il veut carrément la renvoyer chez son psy. Bon, Copé et Lefebvre s'en prenaient à Ségolène R. mais vous ne trouvez pas que leurs propos collent assez bien à Rachida ?

Laurent Joffrin, directeur de Libération (journal qui, selon l'expertise avisée de Mgr Lefebvre "ressemble de plus en plus à un tract» et, «en colportant une fausse information, contribue à abîmer l’image de notre pays») a le mot de la fin, à propos de la ministre candidate rieuse : « Dati en sait moins sur l'Europe que les candidats de Qui veut gagner des millions ? ».

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Une petite brève que j'aime bien, attribuée par le Canard enchaîné au patron de Rachida D. :

« Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale. »

L'analyse est fine, c'est pourquoi je vous en fais cadeau.

Cf., sur ce point, un papier de Slate.fr.

23 avril 2009

Amoureux au ban public, le disque.

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« Je me révolte contre cette guerre dans le noyau du dernier endroit
où il reste une liberté : celle d’aimer qui on veut, quand on veut. »

Jacques Higelin

Amoureux_au_ban_bando_petit

Sensibles aux difficultés vécues par les couples franco-étrangers en raison du durciement continu des lois sur l'immigration, plusieurs artistes se mobilisent pour donner un écho médiatique plus important à la campagne menée par les "Amoureux au ban public" en faveur du droit de mener une vie familiale.

Vous souhaitez participer à la réussite de ce projet, commandez le disque dont la sortie est prévue le 28 avril 2009.

pochette

Visiter le site des Amoureux au ban public.

17 avril 2009

Photoshoppiper et show picoler

La cinémathèque nous fait cadeau d'une expo consacrée à Jacques Tati sur laquelle je reviendrai, après l'avoir visitée (ainsi que, du jeudi 9 avril au dimanche 3 mai 2009, la Villa Arpel, monument à l'art "nouveau riche" figurant dans Mon Oncle, visible au 104, en bonus de luxe à l'expo). Mais aujourd'hui, c'est vendredi, donc c'est connerie, c'est pas Tati.

tati_avectati_sans_2Sur l'affiche pour l'exposition, la pipe du cinéaste a été remplacée par un moulin à vent. Parce que fumer c'est mal. Et le vent dans la tête, c'est justement ce qui semble inspirer la régie publicitaire Métrobus. Macha Makaïeff, la commissaire de l'expo n'y est pour rien, elle explique : "C’est d’autant plus bête que dans ses films, la pipe de Tati n’était jamais allumée. C'est une censure absurde et stalinienne car c'est chez lui, de son temps qu'on trafiquait ainsi les photos. Ce qui aboutit à un mensonge".
Elle a proposé d'autres modifications: "Résignée, je leur avais proposé de remplacer l'objet maudit par une croix rouge mais on devinait encore trop la pipe. Alors j'ai proposé de la remplacer par un calligramme, une pipe faite de lettres, sur lequel on pouvait lire : "Ceci est une pipe". Refusé. Je lui ai donc mis un petit moulin à vent entre les lèvres. Juste pour prendre le métro et le bus".

Ce sont ainsi 2000 affiches qui ont été modifiées par Métrobus, aux frais de la RATP, donc des voyageurs payants. Ceux qui ne paient jamais leur ticket rigolent.

Mais fumer ou boire, il faut choisir. C'est ce qu'ont dû penser les penseurs/organisateurs de la soirée "Jeunes UMP" du 27 mars dernier, à laquelle je n'étais pas convié (vu ce qui m'est arrivé mercredi...). Un journaliste du Monde raconte :

Soir_e_UPM_lyc_ens_2"Les jeunes de l'UMP sont des rebelles. Même s'ils sont lycéens, ils peuvent boire de l'alcool avec la bénédiction... de leur parti. Peu importe que l'Assemblée nationale ait adopté le 18 mars l'interdiction de vente d'alcool aux moins de 18 ans et la prohibition des open bars. Peu importe que Roselyne Bachelot, ministre de la santé, ait déclaré : "Pas d'alcool pour les mineurs, c'est clair, c'est simple." Vendredi 27 mars, on oubliait tout. Ce jour-là, "Toute l'équipe de l'UMP Lycées" invitait ses ouailles et leurs amis (à partir de 16 ans) à "une soirée exceptionnelle" à Paris. Attention, "tenue correcte exigée". Au programme : "des surprises, de nombreuses personnalités politiques", des cotillons, de la musique avec DJ et... de l'alcool.

Mieux : le slogan aurait pu être "Buvez jeunes gens, buvez, et adhérez !" Ainsi, avec la carte de l'UMP, l'entrée de la fête était à 20 euros avec "trois consommations alcoolisées" ; si le jeune adhérait sur place, le prix était identique, mais le nombre de boissons alcoolisées tombait à deux, et s'il n'adhérait pas, il payait toujours 20 euros mais n'avait droit qu'à un verre gratuit. Et le site Internet de l'UMP Lycées de préciser : "Pour toute adhésion, une conso offerte". Bref, plus les lycéens sont proches du parti, et plus ils peuvent boire pour oublier la loi Bachelot !"

Pour ceux qui ne liraient pas bien les petits caractères en bas à droite (à droite, oui, bien sûr) de l'affiche, je raconte :
- Entrée + 1 conso : 70 €
- Bouteille ( 5 pers) : 150 €
- Bouteille d'alcool supérieur : 200 €
- Magnum : 300 €.
On pouvait également lire sur le blog de l'UMP Lycées : "La législation en vigueur (notamment sur l’alcool) sera respectée au cours de la soirée." Donc à moins que la fête ne se soit adressée qu'aux cancres ayant redoublé au moins une fois... Ah ben non, puisque les 16-17 ans étaient également conviés !

70 à 300 € pour s'amuser à se murfler à droite, en écoutant Mireille Mathieu et Gilbert Montagnier (pas le prof, celui qui rit bêtement) beugler des chansons de salle de garde. Au début de la crise financière, le gouvernement ne voulait pas de reprise par la consommation. A l'UMP, on en a pris son parti. Notez bien qu'il s'agit de jeunes, qu'il s'agit de jeunes lycéens, notez bien qu'il s'agit d'alcool, notez bien (selon le Monde) que plus tu adhères jeune à l'UMP, plus tu picoles et moins tu paies. Notez bien que tout ceci est moral.

Moi, j'aurais remplacé la pipe de Tati par un verre de gnôle.

Rajoutons que Tati n'est pas le premier à se faire photoshoppiper. On se souvriendra entre autre
de Malraux (La Poste, 1996) :
Malraux_avec Malraux_sans

et de Sartre (affiche de l'expo BNF en 2005):
11_Sartre_avec sartre_sans

et pourquoi pas de Tom et Jerry, des Pierrafeu ou de Scooby-Doo pendant qu'on y est (initiative britannique de 2006) :
hanna_barbera

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16 avril 2009

AIOIA - GAA - Album en vente aujourd'hui

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Nous étions un certain nombre à attendre l'atterrissage d'AIOIA, après quelques cabrioles planantes parmi les sombres volutes ummites (des UMMO voir ce mot). Le nouvel album, GAA, s'il ne consomme pas totalement le divorce avec l'univers Twilight zone du (très bon) album précédent, Ummo Uxa, s'enrichit d'un nouveau potentiel musical et poétique et  convainc. Les musicos qui ont rejoint le groupe fondé par Philippe Sarrazin n'y sont pas pour rien.

De belles voix limpides ou rauques, crystal et sable mouvant, sur une musique harmoniquement riche et stylistiquement métissée, parfois sombre et complexe, parfois non, ouvrent à nos neurones attentifs (en attente) des univers improbables, des plages qui se font plus spacieuses et désirables au fil des écoutes. On appellera ça du rock progresssif ou de la musique futuro-régressive, on invoquera T-Rex, l'electronica ou une tentative de rester vivant et mouvant dans ce monde immobile, mais ces volutes parties en fumées nous ramènent à un point central de la question existentielle : si nous étions couché(e)s sur une portée, quelle note serions-nous ?

AIOIA est :

Stephane Sarrazin : (compos, arr, guitars, programing, lead vocals)
Kinnie lane ­ ­ ­ ­ ­ ­ : (lead vocals)
Christian Templet ­ ­ : (drums)
Dji ­ ­­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­: (compo,guitars)
Didier Baude ­ ­ : (compo,bass)
Andrei karachenko : (percus)
Natalia Safran ­ ­ : (lead vocal)
Gisel de Marco ­ ­ : (lead vocal)
Lori Greco ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­: (lead vocal)
C-leen : (background vocals)
Alex Vicq ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ : (Lyrics)

On peut écouter AIOIA en prêtant l'oreille au Temps qui passe et nous aspire vers de doubles anicroches, ou à ces adresses (il y en a d'autres) :
http://www.myspace.com/aioiamusic
http://aioiamusic.com/
http://www.sellaband.com/aioia/ (le producteur, selon un système nouveau et entièrement dépendant d'internet, que je n'ai pas entièrement compris)



Puisque pour des raisons techniques (?) on ne peut plus poster de musique sur ce blog,
voici une vidéo.

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15 avril 2009

15 avril 1949 - Nombre, nombrilisme

Ce jour là, cette année là, on pouvait lire ça, si on en avait envie et si on savait lire.

poesienaturelle
Camille BRYEN et Bernard GHEERBRANT
Anthologie de la poésie naturelle.
Paris, K éditeur, 1949 (a. i. 15 avril), 175 p.

RG_15_avril_1949
Ce jour là, Hergé, le 15 avril 1949, dessinait.

Spirou_14_avril_1949
Spirou n'avait pas attendu le 15 avril... Il était sorti le 14.

Tintin_14_avril_1949
Tintin aussi, trop pressé pour attendre le 15
était sorti le 14.

Confidences_15_avril_1949
Mademoiselle avait acheté Confidences, numéro frais du jour.

Paris_Match_15_avril_1949
Pour l'événement, Paris Match s'était fait cette tronche
(les Sarkozy n'étaient pas nés).

guesde_spartacus_1949
En avril 1949,
Spartacus rencontrait Jules Guesde.

S_ou_B_mars_avril_1949
Pour patienter à la maternité,
les pères lisaient la livraison du mois
de la revue de Cornelius Castoriadis.

LaMortDuDocteurEstep
The Continental Op
Avril 1949 (le 15 ?)
Éditions Morgan
"Série rouge" n°26

georgerodger1949dt5
Le gagnant d’un combat de lutte,
porté sur ses épaules par le vaincu
(Sud Soudan, 1949 -- 15 avril ? --
célèbre photo de George Rodger).

pattes_blanches02
Affiche de Pattes blanches de Jean Grémillon,
sorti à Paris le 15 avril 1949.

Cette année là,  Richard Strauss, compositeur de la musique de 2001, l'Odyssée de l'Espace, est mort. Ainsi que Victor Fleming, réalisateur (du moins crédité tel au générique) de Autant en emporte le vent et Margaret Mitchell, auteure de Autant en emporte le vent. Je parie qu'un bon nombre de figurants du film, ayant échappé à la guerre du Pacifique et à la libération de l'Europe, nous ont quitté cette année-là. Alors que M. Mitchell s'est contentée d'un taxi pour se faire renverser, Marcel Cerdan utilisait, dans le même but, un avion.

Bruce SpringsteenSpringsteen et Pedro AlmodovarAlmodovar sont nés en 1949, ainsi que Salif Keita et Arno ; mais aussi un nombre invraisemblable de connards qui encombrent encore la planète, alors que Bashung, lui, non. En France, un paquet d'entre eux va partir en retraite, mais pas Alain Minc, ni Philippe de V. qui, né en mars, est déjà plus vieux que ceux nés en avril.

Le 15 avril 1949, donc, j'arrivais, avec les derniers tickets de rationnement et ma tête en pain de sucre. Je n'ai jamais regardé un pain de sucre en face mais j'imagine que c'est assez laid, car ma mère, qui était d'habitude plutôt maternelle, avait voulu me balancer par la fenêtre de la maternité, parce que j'étais trop moche. Ou bien parce que mon arrivée inopinée, 9 mois après le 14 juillet 1948 (j'imagine les lampions dressés et les pétarades finales...) l'a obligée à abandonner la séance avant la fin du film. Oui, elle a perdu les eaux au cinéma. Enfin, depuis, je pense qu'il faut s'en tenir à sa première manière, la première impression est la bonne. A l'époque, je n'avais pas le vertige et un saut de l'ange du quatrième étage, léger, léger, m'aurait transformé en souvenir aérien et non en réalité pesante et, toujours et encore, trébuchante, parmi les cailloux acérés de la vie.

J'écris ça le 14, ne sachant même pas si je passerai la nuit, cette nuit étant comme toutes les autres, imprévisible.

Vous savez, il y a une grande satisfaction à attendre la soixantaine (hé oui, je devrai m'y faire, dans les statistiques, je vais passer à la tranche supérieure). Contrairement aux trentenaires, aux quarantenaires, aux cinquantenaires optimistes, les soixantenaires ont la conviction qu'ils ne doubleront pas le chiffre. C'est déjà ça.

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On reprend tout : pas l'année, le jour.

Morts un 15 avril, excusez du peu : Mesdames de Maintenon et de Pompadour, Abraham Lincoln et Gaston Leroux, Toto (acteur italien génial, bande de nases) et Richard Conte (acteur américain), et Jean-Paul Sartre et Jean Genet, Charles Vanel et Greta Garbo. Et Joey Ramone. Et Pol Pot, qu'il brûle infiniment dans un enfer capitalo-intellectuelcapitalo-intellectuel de gauche. Dans les couples bien assortis, le préfet Eugène Poubelle a du accueillir Kim Il Sung avec joie, pour faire du compost.

Nés un 15 avril ? Leonard de Vinci, et ça suffirait à mon égo de partager mon gâteau d'anniversaire avec lui. Mais quand même : Bessie Smith et Raymond Poulidor et Claudia Cardinale, tous plus vieux/vieilles que moi. Et moi, sans le faire exprès mais c'est comme ça, je suis né le 15 avril 1949 et j'ai 60 ans. Je lève mon verre à la cuite de mon père, en ce 14 juillet 1948, qui a permis ce dérapage sans lequel je n'aurais pas connu Philip K. Dick, Michel Rocard, Bob Dylan, Antoine Doinel, le western, L'histoire de l'oeil, ma fille et un certain nombre de personnes sans lesquelles je serais vraiment pas grand chose.

Bye.

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10 avril 2009

Knock Out in Africa

Je n'ai jamais bien défini cette rubrique du vendredi. Le vendredi, c'est la fin de la semaine de travail (pour celles et ceux qui ont la chance d'avoir un travail), on va au bureau en jeans, on se lâche.

Et ici, on rapporte (c'est mal !) certaines des bétises proférées dans la semaine par des puissants. D'où le titre de la rubrique "Si y'en a qu'ça les démange" qui reste pour moi l'expression d'une bétise générique élevée au plus haut niveau (de l'Etat, du moins, pas de la culture).

Le sous-titre de la rubrique, ça pourrait être "Ils sont cons et ils en sont fiers, d'ailleurs ils s'en vantent", mais là j'ose pas. J'ai cité le pape, considéré comme un grand. J'ai évoqué le pince sans rire monseigneur Lefebvre de l'UMP, qui est un petit. Mais il y en a un qui, par sa persévérance à se vautrer dans le délitement de l'intelligence, tient la corde.

Cette semaine, Ségolène Royal, pour qui je ressens sans doute moins d'affinités que lorsque je faisais sa campagne, est remontée dans mon estime en mouchant le petit présidur qui en a besoin, à propos de l'image que nous, anciens (?) colonisateurs de l'Afrique, renvoyons à ce Continent plein de promesses, certes, mais tellement rudoyé par ses anciens maîtres (qui aime bien chatie bien, je sais) qu'il est, à notre grand profit, mal barré.

C'est Libé qui a fait le boulot, avec une video au montage intelligent. On y voit Ségolène Royal demander pardon aux peuples africains en raison d'un discours très bas de gamme dans ses relents racistes et colonialistes d'un hasardeux président, mais on y voit et entend aussi ce hasardeux, ce qui, pour notre information, est plutôt bien.

Merci de regarder, merci encore.


Royal: le contre-discours de Dakar
envoyé par liberation

Mais le con de la semaine, est ... Lisez la video, svp, merci.

Oui, ce sinistre Destrem (D'Extrème ? non, évitons les raccourcis faciles), député UMP, quand il voit une femme (blanche) en boubou, ça lui rappelle... sa femme de ménage (blanche ?).

J'ai beaucoup de respect pour les personnes qui acceptent de nettoyer nos merdes, mais moins pour ceux qui en causent. Dans la division du travail issue du mariage fécond entre colonisation et mondialisation, ce pauvre type (Es(x)trem(e))associe la couleur noire de l'Africaine à un certain nombre de tâches sans gloire, mais à son propre (?) service. Hé, bébé mal foutu, mal élevé, nourri, pas élevé comme on dit, tu sais ce qu'elles te disent les porteuses de boubou ? Moi, en tous cas, je demande pardon aux femmes africaines pour les propos de ce triste con en lequel, j'en suis certain, la plupart des français un peu pâles ne sauraient se reconnaître.

A la semaine prochaine (et mes excuses à Mme Albanel et à tous ceux qui se sont donné du mal, cette semaine, pour nous faire rire en disant n'importe quoi).

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09 avril 2009

Hadopi : bye les censeurs, hello l'ouverture. Maintenant, au boulot pour trouver des vraies solutions.

On ne peut pas toujours désespérer des élus.

L'Assemblée nous réserve parfois des surprises plutôt savoureuses. Ainsi, ce jeudi 9 avril, elle vient, dans sa grande sagesse, de rejeter le projet de loi Création et Internet, créant une Haute Autorité de protection des droits sur Internet (HADOPI).

Ce projet de loi très controversé (et qui faisait beaucoup parler de lui sur... Internet) prévoyait notamment des sanctions contre le téléchargement pouvant aller jusqu'à la coupure de l'accès à Internet pour les internautes.

Il va falloir désormais prendre la mesure exacte de cette sage décision, d'ailleurs conforme à la volonté exprimée par le Parlement européen, mais pour l'heure,

CHAMPAGNE !


Hadopi rejetée
envoyé par liberation

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07 avril 2009

Etaixetéra : acteurs, spectateurs et citoyens à la fois (Contre Hadopi, épisode 1)

En France, Patrie des Libertés et du cinéma (inventé à Lyon), cohabitent deux phénomènes dont Les petits pavés s'émeuvent.

Le gouvernement (i.e le président) veut, contre l'avis des élus européens, imposer par un projet de loi dit "Hadopi", la protection des auteurs, créateurs, artistes etc. via la répression des internautes considérés comme pirates a priori. Je sais qu'il y a débat, que des auteurs, des artistes de premier plan soutiennent la loi Albano-sarkozienne, considérée comme un rempart possible contre le piratage de leurs oeuvres. Néanmoins le projet de loi m'apparaît comme poussiéreux, à rebours des évolutions numériques ; et à la fois élitiste et liberticide en ce que la suspension de l'accès à Internet promise aux contrevenants ne peut qu'accroître la fracture numérique qui s'ajoute aux fractures sociale et économique en les approfondissant et aboutit à restreindre l'accès à la connaissance qui passe aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, par la toile.

Mise en abyme de cette loi protégeant les droits des auteurs, l'affaire Pierre Etaix (voir sur ce sujet un article précédent).

Tout le monde ne connait pas Pierre Etaix (et pour cause !), mais je citerai simplement, pour situer son importance, le cinéaste Jerry Lewis (que tous ne connaissent pas non plus, pas de chance...) qui a déclaré " Deux fois dans ma vie j'ai compris ce qu'était le génie. La première fois en regardant la définition dans le dictionnaire et la seconde fois en rencontrant Pierre Étaix". Avant de se consacrer à d'autres formes d'art, Pierre Etaix a écrit, réalisé et interprété (plusieurs fois avec son ami Jean-Claude Carrière, scénariste de plusieurs films de Luis Bunuel) quelques-uns des films les plus aboutis du cinéma français d'après-guerre, des comédies douces et poétiques, dont l'anachronisme libertaire ne souffrirait pas de la comparaison avec l'univers triste-gai de Jacques Tati. Or, Pierre Etaix, victime d'un imbroglio juridique assez incompréhensible, n'exerce plus aucun droit sur ses films. Il en a été dépossédé, il n'a aucune possibilité, ni de les montrer, ni, surtout (les spécialistes estiment que celà devient urgent) de les restaurer.

Cette semaine, je serai pirate an-hadopiste et poète etaixien et comme le sujet mérite plusieurs épisodes, j'y reviendrai.

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"La sortie des usines Lumière" (A. Institut Lumière)

Aujourd'hui, des professionnels du cinéma qui souhaitent défendre une certaine idée de cet art (comme un général défendait "une certaine idée de la France") -- contre une "certaine tendance" recurrente  -- lancent un appel à l'intelligence et, tout simplement, à l'esprit citoyen des spectateurs, contre les obscurantistes maniaco-répressifs qui voudraient nous rejouer en boucle Bienvenue chez les Coco et passez la monnaie. Voici cet appel.

Lettre ouverte aux spectateurs citoyens

Artistes et producteurs engagés, nous nous sommes dévoués tout au long de notre carrière à la promotion d’un cinéma différent, un cinéma ouvert et exigeant.

Vous avez fait vivre nos œuvres, les portant, les reconnaissant ou les rejetant. Tout au long de notre carrière, nous avons poursuivi la même ambition : diffuser notre travail et le partager avec vous. Tout au long de notre carrière, mille obstacles se sont présentés à nous, qu’ils aient été techniques, matériels ou économiques.

Aujourd’hui, nous avons la chance de vivre une révolution numérique qui nous permettra, dans un futur très proche, de lever nombre de ces obstacles et d’ouvrir notre cinéma à toutes et à tous.

Aujourd’hui, certains craignent cette révolution et craignent pour leur monopole. La loi Création et Internet répond à une angoisse légitime, que nous partageons : celle de voir les œuvres dévalorisées et dégradées par leur diffusion piratée sur Internet.

Pourtant, cette loi, qui prétend se poser en défenseur de la création, ne fait qu’instaurer un mécanisme de sanctions à la constitutionnalité douteuse et au fonctionnement fumeux.

Fruit d’un lobbying massif, fondée sur la présomption de culpabilité, la loi Création et Internet crée l’Hadopi, une haute autorité contrôlée par l’exécutif et qui pourra, sans qu’aucune preuve fiable ne soit apportée et sans qu’aucun recours gracieux ne soit possible, couper durant une durée extensible à l’infini la connexion Internet d’un usager.

Pis, et contrairement à ce qui a été écrit ici et là, aucune disposition législative ne prévoit que cette procédure se substitue aux poursuites pénales et civiles, faisant de la double peine une réalité envisageable.

Alors que le Parlement européen vient, pour la troisième fois en quelques mois et à la quasi-unanimité, de qualifier l’accès à Internet de droit fondamental, alors qu’aux Etats-Unis le modèle de riposte «graduée» se fissure et que le reste du monde met l’accent sur la poursuite de ceux qui font commerce du piratage, le gouvernement français s’obstine à voir dans les utilisateurs, dans les spectateurs, des enfants immatures à l’origine de tous les maux de l’industrie cinématographique.

Démagogique, techniquement inapplicable, bêtement ignorante des nouveaux procédés de téléchargement et purement répressive, cette loi est aussi un rendez-vous manqué. Ne prévoyant aucune forme de rétribution nouvelle pour les ayants droit, la loi Création et Internet ne s’adresse ni au cinéma dans sa diversité, ni aux spectateurs. Ne constituant qu’une ultime et vaine tentative d’éradiquer le piratage par la sanction, sans se soucier de créer une offre de téléchargement légale, abordable et ouverte sur Internet, elle ne répond à aucun des défis aujourd’hui posés par les nouvelles technologies, alors même qu’une réaction créative et forte de l’industrie cinématographique et des autorités de tutelle dans leur ensemble s’imposait.

Nous ne nous reconnaissons pas dans cette démarche, et appelons à un changement des mentalités. Craindre Internet est une erreur que nous ne pouvons plus nous permettre de faire. Il est temps d’accepter et de nous adapter à ce «nouveau monde» où l’accès à la culture perd son caractère discriminatoire et cesser de vouloir en faire une société virtuelle de surveillance où tout un chacun se sentirait traqué.

Que ce soit par un système de licence globale ou par le développement d’une plateforme unifiée de téléchargement des œuvres à prix accessibles et sans DRM, il faut dès aujourd’hui des réponses positives à ce nouveau défi, et se montrer à la hauteur des attentes des spectateurs. L’heure est à la réinvention et à l’émerveillement, et non pas à l’instauration d’un énième dispositif répressif.

Conscients de la nécessité qu’éprouvent les ayants droit, dont nous sommes, à trouver de nouveaux modes de rétribution et d’en finir avec le piratage.

Confrontés à un dispositif essentiellement conservateur, liberticide et démagogique qui ne s’attaque à aucun des enjeux réels de la révolution numérique et ignore volontairement les intérêts du cinéma d’auteur.

Et en réaction aux nombreuses tribunes rédigées par des institutions et des lobbies s’exprimant au nom d’une profession qu’ils ne représentent que partiellement.

Nous, cinéastes, producteurs et acteurs, marquons avec cette adresse notre refus du dispositif Hadopi et de la loi création et Internet.

Nous appelons tous les amoureux du cinéma et des libertés, de la création et de la diversité à faire entendre leur voix auprès de leurs représentants afin d’abandonner tant qu’il est encore temps le dispositif Hadopi et de mettre en place un système plus juste, équilibré et prenant en compte les intérêts de tous.

Chantal Akerman, Christophe Honoré, Jean-Pierre Limosin, Zina Modiano, Gaël Morel réalisateurs,
Victoria Abril, Catherine Deneuve, Louis Garrel, Yann Gonzalez, Clotilde Hesme, Chiara Mastroianni acteurs,
Agathe Berman et Paulo Branco producteurs .

Contact : brancojuan@gmail.com

Prochain article sur le sujet : où en est l'"affaire Pierre Etaix" ?

Nouvelles des libertés publiques (suite) : un rapport d'Amnesty et une manif solidaire

Voici une photo qui, comme on dit, parle : des flics au travail ; comme des comptables au bureau alignent des chiffres, les flics au bureau alignent les gnons. Cette photo illustrait, dans Le Monde.fr, un papier annonçant une étude sur la police française dans ses oeuvres. Dérangeant. La photo est dérangeante car c'est en notre nom que ce type va en prendre plein la gueule. L'étude est dérangeante, car elle montre qu'en notre nom des fonctionnaires zélés en foutent plein la gueule à des tas de gens qui n'en demandaient pas autant. Et, pour n'en avoir pas encore pris moi-même plein la gueule, je me contente d'en avoir plein le cul de voir ce genre d'image tous les jours.

Flics_Lille_6_mai_2007

Ennuyeux pour les autorités, le rapport d'Amnesty International ne pointe pas les pratiques au suave exotisme tropical d'une lointaine république bananière. C'est bien de la France qu'il s'agit, de la police française, de ses structurelles bavures et de sa singulière impunité, à travers 12 monographies de victimes.

Parmi les réactions offensées : Guillaume Didier, porte-parole du ministère de la Justice, avait réagi à la veille de la publication du rapport d’Amnesty : «Je démens formellement ces accusations, il n’y a aucune tolérance sur le sujet des violences policières. Il y a des enquêtes pénales systématiques et des poursuites si les éléments sont suffisants.» Au ministère de l’Intérieur, on indiquait qu’«aucun policier n’est au-dessus des lois». A propos du fait qu’Amnesty recommande au ministre de l’Intérieur de ne pas s’exprimer sur une affaire impliquant des policiers avant qu’elle ne soit jugée : la ministre «a le droit de s’exprimer sur telle ou telle chose». Michèle Alliot-Marie «a toujours été prudente et a toujours immédiatement saisi les corps d’inspection des forces de sécurité». Pour l’Unsa-police (premier syndicat de gardiens de la paix) : «La police française est républicaine et la plus contrôlée des administrations.»

Le rapport est alarmant. Son titre : « France. Des policiers au-dessus des lois » donne le ton. A partir de douze études de cas, Amnesty International alerte sur l’impunité dont jouissent les forces de l’ordre en France. Alors que de nombreuses plaintes concernant « des mauvais traitements policiers, des injures racistes et des utilisations abusives de la force » sont déposées, peu d’entre elles aboutissent à des condamnations. La majorité est classée sans suite par le parquet. En 2006, 639 « allégations de faits de violences » ont été déposées à l'IGPN (la police des polices). Résultat: 114 sanctions disciplinaires et parmi elles, 8 radiations, note Amnesty.

Dans ce rapport, l’ONG de défense des droits de l’homme pointe ainsi à la fois des manquements au droit international de la part des policiers et une justice peu attentive aux victimes de ces derniers. Côté policier, on relativise. « La France n’a pas à rougir de sa police », soutient le porte-parole du syndicat Unsa-Police. « Seulement, il ne faut pas oublier que derrière un policier se trouve un homme ou une femme. Les situations qu’ils rencontrent sont très difficiles ». Sur les pratiques dénoncées, peu de réponses. « La police est une institution très contrôlée, notamment en interne. Le rapport porte sur des faits extrêmement minoritaires », conclut le porte-parole d’Unsa-Police.

Et pourtant, ces dénonciations ne sont pas nouvelles. Comme l’explique David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie Centrale d’Amnesty International au Monde.fr, l’association dénonçait déjà en 2005 les méthodes de la police. Un an plus tard, la France était condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme.

Dans le dernier rapport, un nouvel élément inquiétant est mentionné : l’augmentation des poursuites, policières cette fois, pour outrage ou rébellion à l’encontre des témoins des dérives des forces de l’ordre.

R_Amnesty_1
La une du rapport qui fache
téléchargeable in extenso en .PDF ICI.

RAPPEL. (voir post précédent sur le sujet)

MERCREDI 8 AVRILD_lit_solidarit_

MOBILISATION DES "DELINQUANTS SOLIDAIRES"
QUI AIDENT LES SANS PAPIERS

donc

Mercredi 8 avril à 13h00 (et non 10h00) , Place Saint Michel

P_Gendrot

Organisations signataires de l'appel (au 7 avril) :

Emmaüs France / Association Emmaüs / La Cimade / Gisti / Comede / Fédération entraide protestante / UNIOPSS / RESF/ FASTI / Secours Catholique / FNARS / Syndicat des avocats de France / SOS Racisme / Dom’Asile / Ligue des Droits de l’Homme / MRAP / Association Toits du monde – Orléans / SALAM Nord/Pas-de-Calais / ACASEA / Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme / France Terre d’asile / Fédération Sud Education / Médecins du Monde / ATD Quart Monde / Réseau Chrétien immigrés / Sud Education / Migration santé Alsace / ADDE (Avocats pour la Défense Des Droits des Etrangers) / CLARA (Comité national de coordination des associations d'accompagnement des migrants) / MPEF ( Mission Populaire Évangélique de France) / Osiris / ADN (Association pour la démocratie à Nice) / Terre d'errance / Fédération Syndicale Unitaire / Fédération Jeunes errants / les amoureux au ban public / Les petits Frères des pauvres / ATTAC France / Le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope / Centre Social Aires 10 / Migrations Santé Alsace / AIDES / L’ACAT-France / Groupe accueil et solidarité (GAS) / Arcat / ICEM - pédagogie Freinet / Ardhis / le Syndicat des Enseignants-UNSA / Le Syndicat National de l'Environnement-FSU / SoS Soutien aux Sans Papiers / FCPE / Syndicat de la magistrature

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