Camille, reviens !

camille

Camille revient.

0794881878123Cette saison musicale française me comble, le mot n'est pas trop fort. En peu de semaines, et après les 1er ou 2ème albums très réussis de Daphné et Pauline Croze, de Belin, des Imbéciles, de Carlotti, de Noguerra et même d'autres, les gros porteurs de la "variété française" (cf Léo Ferré : Je ne suis qu'un artiste de variétés) nous comblent de bonheur. Cali, Florent Marchet, Alain Bashung (dont je n'arrive toujours pas à parler, sous le choc) ou Jean-Louis Murat nous ont donné des bonheurs insensés, avec des albums renouvelant le genre (genre variétés, donc, pour une fois varié). Même, même, dans une dimension dufférente, Léo Ferré sort un nouvel album : Les fleurs du mal (suite et fin). (encore plus fort, Bob Dylan sort un livre pour enfants mais ça nous éloigne des variétés françaises).

ET Camille nous revient avec l'album orange Music Hole. Mission impossible : faire aussi bien que Le fil, mais sans fil cette fois et sans filet. Elle est en tête des ventes chez i-tunes et peut-être ailleurs, mais ce n'est pas la question. Ce disque va se vendre, beaucoup, plus que le précédent, sans doute.

Ce disque m'a bluffé. D'abord je ne pensais pas à quelque chose d'aussi fort que Le fil. Or c'est aussi fort, mais différent et c'est sans doute une des grandes qualités de ce disque, il est différent. cette fois, c'est bien en disque ce à quoi nous avons assisté en concert. D'abord la tournée Le fil, puis l'expérience extraordinaire de l'Eglise Saint-Eustache : Britten et camille, un truc court mais tellement dense qu'on en avait le souffle coupé. Et une fin très gospel.

C'est sans doute le secret de cet album rare (je passe sur le titre Music Hole et ce jeu de mots, voir videos plus bas), Camille revient, dès son troisième disque, en grande star de la chanson, mais elle n'en profite pas pour baisser la garde. Elle livre un album soul, on aurait envie de dire body and soul tant sa musique fait corps. Une musique faite corps, le corps comme instrument de musique et vecteur artistique.

L'album est aussi riche, mais sans doute plus complexe que le précédent ; il se vendra autant, sans doute mieux, mais sera-t'il écouté, comme il le mérite, avec attention, à défaut de dévotion ? Musicalement, l'oeuvre est aboutie, comme, déjà, à trente ans, un chef d'oeuvre. Personnellement, je regrette le choix de la langue anglaise, presque systématique (quelques mots, maximes, comptines en français tout de même) qui, chez une artiste moins exigeante, aurait été suspect. Mais ce choix me semble résulter d'une orientation purement artistique. L'anglais exprime légèrement ce que le français, parfois, peine à exprimer et avec une certaine lourdeur.

Je vous propose le clip que tout le monde connait, suivi d'un lien vers deux vidéos extrèmement intéressantes où Camille raconte son disque et explicite son approche (site des Inrocks, bien sûr).

J'espère que vous y prendrez un vrai plaisir.


Camille - Gospel With No Lord

Ci-dessous un lien vers le site des Inrocks où Camille s'explique. Cette fille est belle, talentueuse, intelligente, bousculante, donc ces documents sont passionnants.

Voir Camille sur le site des Inrocks